lundi 28 novembre 2016

Le triangle stratégique Russie–Chine–Iran

Le triangle stratégique Russie–Chine–Iran

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Les liens économiques, politiques et militaires se développement entre l’Iran, la Chine et la Russie, formant ce que je considère un triangle d’or émergeant en Eurasie et cherchant à pénétrer des régions isolées. Cela, alors qu’il semble que la stratégie géopolitique des États-Unis, dans la perspective d’une administration Trump, soit d’éloigner Washington de l’Iran et de la Chine, tout en faisant miroiter un possible relâchement de la confrontation entre Washington et Moscou

 

railway-300x201Géopolitique classique, à la Halford Mackinder ou à la Kissinger, qui cherche à éviter la guerre sur deux fronts, qui était en train de se retourner contre un Washington arcbouté sur sa tentative de modifier l’équilibre des puissances. Pour le moment, la dynamique d’une coopération plus étroite, engagée ces dernières années, entre les trois États pivots du Heartland eurasien, entre dans une phase d’approfondissement stratégique. Le dernier signe en est la visite du ministre chinois de la défense et de hauts responsables russes à Téhéran.

Les 14 et 15 novembre à Téhéran, pendant la rencontre de haut niveau entre le ministre chinois de la Défense, le général Chang Wanquan, et le président iranien Hassan Rouhani accompagné du ministre iranien de la Défense Hossein Dehghan, les deux principaux pays eurasiatiques ont signé un accord de renforcement de leur coopération militaire. L’accord prévoit l’intensification de la formation militaire bilatérale et une coopération plus étroite sur ce que l’Iran considère comme des questions de sécurité régionale, le terrorisme et la Syrie étant en tête de liste. Le chef de l’état-major des forces armées iraniennes, le général en chef Mohammad Hossein Baqeri, a déclaré que l’Iran est prêt à partager avec la Chine ses expériences dans la lutte contre les groupes terroristes en Irak et en Syrie. Dehghan a ajouté que cet accord représente un «renforcement de la coopération militaire et de défense à long terme avec la Chine».

Ces dernières semaines, la Chine s’est engagée directement, en se joignant à la Russie et à l’Iran, et à la demande du gouvernement du président syrien Bashar al Assad, dans la guerre contre EI et d’autres groupes terroristes, y compris le Front al-Qaïda-al Nusra et ses nombreux affiliés. L’accord formel avec Téhéran, qui a beaucoup d’expérience de terrain dans la lutte en Syrie, représente clairement un approfondissement des relations bilatérales sino-iraniennes.

Pendant que la Chine et l’Iran se réunissaient à Téhéran, Viktor Ozerov, le chef du Comité de défense et de sécurité du Conseil de la Fédération de Russie, la chambre haute du Parlement, était également à Téhéran. Là bas, il a déclaré à RAI Novosti que la Russie et l’Iran étaient en pourparlers sur une vente d’armes d’une valeur d’environ 10 milliards de dollars. La Russie devrait livrer des chars T-90, des systèmes d’artillerie, des avions et des hélicoptères à l’Iran.

En bref, nous avons un approfondissement des liens de défense militaire entre les trois points du triangle eurasien émergeant. Cela aura d’énormes conséquences,

De la démocratie-spectacle à la démocratie-tramway

De la démocratie-spectacle à la démocratie-tramway

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Le Système a peur. Depuis quelques semaines, sa petite machinerie à dominer pourtant si bien huilée se ramasse des pelletées de sable à travers les rouages. Pensez donc ! Le peuple à l’outrecuidance de se torcher ouvertement avec le papier à musique de sa démocratie-spectacle, votant soudain pour des gens «déplorables» pas prévus dans la partition, déjouant ses pronostics, ridiculisant ses hérauts.

Et voilà que tout l’édifice menace dès lors de partir en sucette, «Brexisé» et «Trumpisé» jusqu’à la garde, avec menace de paix, de retour à la souveraineté des nations et tout le toutim. Or le Système peut tout tolérer, sauf de voir sa sainte direction remise en cause, surtout par des sans-dents. Alors il montre les siennes de dents, qu’il a fort longues et belles avec l’haleine glacée qui va avec, en décrétant la mobilisation générale pour rappeler qu’il ne peut y avoir d’alternative au paradis néolibéral globalisé où flottent ses troupeaux de bobos nomades, cool, hype et augmentés. Et surtout pour prévenir que la démocratie comme la patience du Système a ses limites, qui pourraient bien avoir été atteintes désormais.

La déclinaison Erdogan
L’autre soir, l’une des chaînes clonées du Système proposait un reportage sur le sultan Erdogan pour nous raconter l’ascension de l’homme jusqu’à la folie totalitaire, rappelant un discours désormais célèbre dans lequel il disait que la démocratie est «comme un tramway. Il va jusqu’où vous voulez aller et là, vous descendez».
L’anecdote était évidemment destinée à faire frémir d’horreur le spectateur démocrate. Avec raison d’ailleurs. Sauf qu’il semble que cette conception de la démocratie-tramway ne soit finalement pas propre à Erdogan.

La mobilisation générale du Système jusqu’à l’outrance contre Trump, puis pour signifier le rejet de son élection, de même que ses attaques désormais massives contre les voix dissidentes qui osent en contester la narrative, tout cela montre en effet que le Système et ses zélateurs ne sont pas du tout prêts à accepter le verdict des urnes dès lors qu'il pointe un autre chemin que celui qu'ils ont balisés.


C’est d’ailleurs très précisément le message qu’est venu délivrer à Berlin, Obama devant l’habituel parterre rampant européen, en rappelant en substance et sous le regard humide du Kaiser Merkel «qu’il n’y aurait pas de retour au monde d’avant la [vertueuse] globalisation, que l’OTAN devait avoir un avenir radieux tout comme le libre-échange, et que bien sûr la Russie devait coûte que coûte

mardi 15 novembre 2016

Trump peut-il réussir ?

Trump peut-il réussir ?

par Thierry Meyssan

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Donald Trump et le général Michael T. Flynn

Pendant que la presse atlantiste persiste à projeter sur Donald Trump les débats artificiels qu’Hillary Clinton a imposés durant la campagne et que se multiplient les appels à assassiner le président élu, celui-ci se prépare à changer de paradigme, à renverser l’idéologie puritaine qui domine son pays depuis deux siècles. Mais peut-il réussir ?

Réseau Voltaire

La presse internationale tente de nous persuader que les électeurs de Donald Trump ont exprimé une révolte des Petits Blancs face aux élites. Elle ne fait en réalité que prolonger le discours d’Hillary Clinton que, précisément, ces électeurs ont rejeté. Elle refuse d’envisager que le clivage actuel n’ait aucun rapport avec les thèmes qu’elle a traités durant cette campagne.

Pourtant, nous avons tous vu une nouvelle ligne de fracture apparaître non pas entre les deux grands partis, mais en leur sein. De nombreux leaders républicains ont soutenu Clinton et quelques leaders démocrates Trump. Bernie Sanders vient même de lui proposer ses services. De même, l’analyse des votes en fonction des appartenances communautaires (femmes, hispaniques, noirs, musulmans, gays, etc.) n’a pas plus de sens. Bien que l’on nous ait rabâché que voter Trump, c’était voter pour la haine des minorités, au moins un tiers des minoritaires a voté pour lui

 

Donald Trump Campaign

Quelques journalistes tentent de s’appuyer sur le précédent du Brexit, alors même qu’ils avaient été identiquement surpris par celui-ci et incapables de l’expliquer. Si l’on analyse en fonction des précédents étrangers, on doit au moins tenir compte des élections surprises de Narendra Modi en Inde et de Rodriguo Dutertre aux Philippines (une ancienne colonie états-unienne).

Malgré la propagande, les Britanniques n’ont pas voté contre les Européens, les Indiens contre les musulmans, et les Philippins contre les Chinois. Au contraire,

Trump menacé d'une «révolution orange»

Anti-Trump

Trump menacé d'une «révolution orange»

C’est une missive édifiante. Elle est signée des «présidents» de l’UE et se veut une lettre de félicitations au POTUS nouvellement élu, Donald Trump. Or ce courrier banal en apparence contient entre les lignes un véritable ultimatum au trublion anti-Système à qui il est dit en substance: «Ok, vous nous avez bien eu, mais maintenant voici la Règle: ou vous vous soumettez, ou nous vous détruisons.» Bien sûr, les opérateurs-bouffons de la succursale européenne que sont les signataires Tusk et Juncker ne sont dans cette affaire que les messagers transparents de l’oligarchie du Système néolibéral atlantiste.

Mais en cette période de flottement à la tête de l’Empire US, il fallait bien rappeler officiellement Donald Trump à l'ordre en lui précisant les règles du jeu dans la «cour des grands» où il vient de pénétrer par effraction. De l'autre côté de la tenaille, c'est l’inépuisable Soros qui s'occupe de faire monter la pression aux Etats-Unis en organisant l’agitation des habituels bobos de service, pour bien faire comprendre au presque 45e président US qu’il n’est pas à l’abri d’une «révolution orange» s’il ne rentre pas dans le rang. Le Système sort donc l'artillerie lourde, mais son effondrement reste pourtant inéluctable et il a lieu sous nos yeux.

Globalisation néolibérale et messianisme militarisé

La lettre du duo de comiques européens (1) est une pathétique tentative d’intimidation déguisée, et l’on imagine fort bien dans quelle ambiance d’hystérie feutrée elle a dû être pondue par une brochette de spin-doctors-system triés sur le volet.
Ainsi, après une glaciale phrase de félicitations, la missive va directement à l’essentiel pour réaffirmer le catéchisme officiel du Système au travers des «valeurs communes que sont la liberté, les droits de l'homme, la démocratie et une croyance en l'économie de marché

La pompeuse évocation de la Sainte-Trinité des vertus-vernis du Système ne sont là que pour promouvoir le cœur de la machinerie: la globalisation néolibérale, c’est-à-dire le Marché. La connotation religieuse du mot «croyance» (est-ce un acte manqué?) confirme d’ailleurs que pour le Système il n’y a pas d’autre Dieu que le Marché (et que l’élite néolibérale atlantiste est son prophète).

 
Vient ensuite un verset d’auto-adoration avec l’affirmation que l’UE et les USA «se sont employés à garantir la paix et la prospérité au monde» (ne riez pas...), puis c’est le rappel à l’ordre sur l’importance de «renforcer les relations transatlantiques», notamment pour faire face aux
«menaces pour la souveraineté et l'intégrité territoriale de l'Ukraine».


Le Système rappelle ici très clairement à M. Donald Trump qu’il n’est pas question de réchauffer les relations avec Moscou et que les Russes sont et doivent rester les méchants de l’histoire pour l’instant.

jeudi 10 novembre 2016

États-Unis/Présidentielles : Hillary Clinton, le bûcher de ses vanités

Hillary Clinton s’est consumée sur le bûcher de ses vanités.

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Par sa cupidité, son avidité et son ambition démesurée, celle qui se rêvait la «Première Dame» élue à la magistrature suprême américaine, aura été, paradoxalement, la plus haïe des aspirants démocrates à la Maison Blanche, infligeant à son parti le plus retentissant camouflet de l’histoire électorale américaine, le sinistrant en même temps qu’elle défigurait l’image de l’Amérique.

I – L’asservissement du parti démocrate

En tandem avec son époux Bill Clinton, opérant méthodiquement depuis la mandature de l’époux dans la décennie (1980-1990), le tandem BILLARY (Bill et Hillary) a asservi, subverti et instrumentalisé le Parti Démocrate en vue de la mise sur orbite de l’épouse et d’écarter le moment venu quiconque se dresserait sur le chemin des ambitions. En fera les frais, un rival hautement respectable -Bernie Sanders- infiniment plus crédible, infiniment plus représentatif des valeurs américaines.

Sa connivence élitiste avec la presse américaine qui l’avait aidée à anticiper le questions des auditeurs lors des débats de la primaire démocrate, de même que son usage inconsidéré de sa messagerie privée à son passage au Département d’Etat, ont accentué la défiance à son égard.

II- «The Spirit of America» dénaturé par Hillary Clinton

A son corps défendant, la chouchou de Wall Street et des conférences tarifées a dû se résoudre à injecter, à dose infinitésimale il est vrai, une touche sociale à son programme pour tenter de réduire quelque peu l’immense antipathie qu’elle suscitait et atténuer la rigueur d’une profession de foi particulièrement imprégnée du néo conservatisme politique et de l’ultralibéralisme, dans la pure tradition du capitalisme sauvage.

Le vote sanction de tous les laissés pour compte de la société d’abondance, les exclus de la société consumériste, les habitants de Flint (Michigan) et d’ailleurs, popularisés par le cinéaste critique Michael Moore, sont venus lui rappeler la dure réalité de leur quotidien et la triste image qu’elle renvoie désormais de l’Amérique par sa morgue, sa suffisance et son arrogance.

Un tandem constitué de Bernie Sanders-Elizabeth Warren, sénatrice démocrate du Massachusetts et figure montante de la gauche américaine, plus conforme à l’Esprit de l’Amérique (The Spirit of America), aurait eu raison sans la moindre contestation possible de l’hydre Donald Trump.

III – Le Monde arabe et la défaite de Hillary Clinton

Que son directeur de campagne, John Podesta, soit en même temps un conseiller en communication de l’Arabie saoudite, qu’elle ait mis à profit ses responsabilités à la tête du département d’état pour ponctionner au profit de la Fondation Clinton les bienfaiteurs de sa future campagne, à l’instar du Maroc, ou du Qatar donne la mesure de la confusion d’intérêts qui s’est établie dans l’exercice de ses fonctions, en même temps que son sentiment d’impunité.

«We came, We saw, She died».

Hormis l’Arabie saoudite,

mercredi 9 novembre 2016

Élection aux Etats-Unis : Le mythe de Charybde et de Scylla en action

«Un souriceau tout jeune, et qui n'avait rien vu, (...) Voici comme il conta l'aventure à sa mère.

Le cochet, le chat et le souriceau

J'avais franchi les monts qui bornent cet État, lorsque deux animaux m'ont arrêté les yeux; L'un doux, bénin et gracieux, et l'autre turbulent et plein d'inquiétude. Il a la voix perçante et rude; Sur la tête un morceau de chair, un animal venu de l'Amérique. Sans lui j'aurais fait connaissance avec cet animal qui m'a semblé si doux. une humble contenance, un modeste regard, et pourtant l'oeil luisant. Mon fils, dit la souris, ce doucet (5) est un Chat, qui sous son minois hypocrite, contre toute ta parenté(...) L'autre animal, tout au contraire, bien éloigné de nous malfaire, Servira quelque jour peut-être à nos repas. (...) Quant au chat, c'est sur nous qu'il fonde sa cuisine. Garde-toi, tant que tu vivras, de juger des gens sur la mine».
 Jean de la Fontaine (Le cochet, le chat et le souriceau).

Professeur Chems Eddine Chitour

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Cette fable nous incite à plus nous méfier de Clinton que de Trump. Nous avons été de grands naïfs et nous avons été trahis par Obama que l'on avait paré de toutes les vertus, notamment après son discours du Caire. S’agissant de ses promesses, aucune n’a été tenue. Il est vrai que , comme l’écrivait le président français Jacques Chirac : « les promesses n’engagent que ceux qui y croient ». Ce fut exactement le contraire qui s'est passé. Un prix Nobel de la paix, pour avoir rendu le monde encore plus tragique.

 
Ce qui fait que nous sommes avertis à propos de cette élection américaine qui quoiqu'on dise intéresse à des degrés divers tout le monde. On connait l'affection de Hillary Clinton pour le pouvoir et pour toutes les méthodes à même d'y parvenir, en s’adossant à deux piliers de la politique américaine qui font et qui défont les présidents : l'Aipac et Wall Street, en gros l'influence des oligarques et l’invulnérabilité d’Israël qui doit toujours garder des longueurs d’avance sur les pays du Moyen Orient. Mais l'autre, Donald Trump c'est un self made man, mais cependant un illustre inconnu dans le monde de la politique. On a vu Trump se battre comme un beau diable contre l'establishment, mais tel que les médias l'ont présenté en le diabolisant il n'avait aucune chance, les sondages main stream martelaient qu'Hillary Clinton allait l'emporter haut la main. Nous allons dans ce qui suit décrire globalement les deuxprojets de gouvernement véhiculés par les deux challengers .

 Election américaine : ce que disent Trump et Clinton sur l’économie :

Cette contribution du journal Le Monde qui affiche clairement son parti pris pour Hillary Clinton donne, cependant, les grandes lignes des politiques proposées par les deux candidats Le Monde nous apprend que : « Le G20 Finances vient de mettre en garde contre les risques et les « incertitudes » créés par la montée des populismes dans certains pays occidentaux, sans nommer directement le candidat américain Donald Trump. Il y a quelques jours, Il en rajoute en appelant à la rescousse Christine Lagarde, la directrice générale du FMI, qui : « a affirmé que le protectionnisme constituait « une faute économique flagrante ». « Donald Trump claironne qu’il veut rétablir des droits de douane et tire à vue sur le libre-échange. Hillary Clinton a fini par prendre position contre le traité de libre-échange Partenariat Trans-Pacifique (TPP), signé par les Etats-Unis et onze pays d’Asie-Pacifique ». (1)

 
S’agissant des impôts Hillary Clinton a promis de ne pas augmenter les impôts pour les classes moyennes. Elle se propose en revanche de « réformer la réglementation fiscale pour que les plus riches paient leur part ». Donald Trump défend de longue date une baisse massive centrée sur les classes moyennes. Il propose de ramener le nombre de tranches d’impositions de sept à trois avec des taux de 12 %, 25 % et 33 % pour la tranche la plus élevée. Hillary Clinton propose de porter le salaire minimum horaire à 12 dollars, avec des pointes à 15 dollars dans certaines zones. Donald Trump est opposé au salaire minimum au niveau fédéral mais s’est dit désormais favorable à « une hausse d’une certaine ampleur », même s’il veut en laisser la responsabilité aux Etats ».(1)

 
S’agissant du commerce international Hillary Clinton se montre plus critique sur l’ accord partenariat transpacifique (TTP),

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