mardi 24 décembre 2013

Pourquoi ne cesse-t-on pas de s’en prendre à la Russie ?


Il suffit de suivre un minimum ce que nous disent les grands médias pour « comprendre » que, même s’il n’est plus soviétique et s’il ne se réclame plus de la dictature du prolétariat, l’ours russe reste toujours presque aussi méchant et dangereux qu’aux temps de l’Urss. Est-ce le reflet de la réalité ou une image qu’on tente d’ancrer dans nos esprits ? Dans l’article que nous reproduisons aujourd’hui, Karl Müller se interroge sur le pourquoi de cette campagne.



Certains prétendent que la situation internationale s’est détendue au cours des mois passés. On a évité une guerre entre les Etats-Unis et leurs alliés et la Syrie. Il y a eu également un accord passé avec l’Iran. D’ailleurs, les Etats-Unis, qui ont mené au cours des 20 dernières années avec « l’Occident » une série de guerres allant à l’encontre du droit international, seraient entre-temps si affaiblis qu’ils ne seraient plus en mesure de mener d’autres guerres importantes. En outre, les alliés des Etats-Unis, en premier lieu les autres Etats membres de l’OTAN, qui pour la plupart sont également membres de l’Union européenne, ne seraient pas capables de s’engager dans des guerres sans les Etats-Unis.

On perd facilement de vue que Washington a déplacé ses visées agressives vers les contrées du Pacifique et que les Etats membres de l’Union européenne (sous la direction de l’Allemagne ?) – sous le couvert de l’affaire de la NSA – devront jouer le rôle de suppléants des Etats-Unis au Proche-Orient et en Afrique.

Les nombreux rapports concernant la situation « tendue » en Asie, actuellement entre la Chine et le Japon, jouent des rôles différents. D’une part, ils peuvent servir de propagande contre la Chine et d’autre part ils vont constituer une sorte de sonnette d’alarme pour « prouver » aux Européens l’importance de la présence états-unienne dans le Pacifique mais aussi, c’est leur objectif ultime, la préparation d’une guerre contre la Chine.

On ne parle pas, du moins publiquement, de la politique de l’Union européenne, notamment de l’Allemagne, vis-à-vis de l’Europe de l’Est et de la Russie. Et ce alors que les Etats de l’OTAN et l’Union européenne se sont fixés comme objectif – depuis 1990-1991, c’est-à-dire depuis la disparition du Pacte de Varsovie et de l’Union soviétique et malgré leurs promesses au gouvernement soviétique de l’époque – de « s’approprier » l’Est à partir de l’Ouest en incorporant toujours plus d’Etats de l’Europe de l’Est à l’alliance atlantique ainsi qu’à l’Union européenne pour affaiblir la Russie

Après la Traite et le Code de l’indigénat : Pourquoi pas un traité algéro-français ?

Chems Eddine Chitour 

Mondialisation.ca



«Je crois que notre nouvelle conquête est chose heureuse et grande. C’est la civilisation qui marche sur la barbarie. C’est un peuple éclairé qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c’est à nous d’illuminer le monde.»

Conversations de Victor Hugo et du général Bugeaud…

Une fois de plus, l’Algérie et la France se rencontrent et ont la possibilité de faire un inventaire courageux de leur passé commun en tentant d’avancer sur la voie de la réconciliation qui, comme le martelait l’immense Mandela, ne peut se faire que s’il y a d’abord vérité. En l’occurrence, depuis l’indépendance nous n’avons jamais eu d’avancée significative, les gouvernants des deux pays sont obligés de faire avec les pesanteurs de chacun de leur peuple. Résultat des coures: nous avançons à doses homéopathiques sur le chemin de la vérité. Exception faite pour la période du président Chirac qui nous a donné l’illusion que la réconciliation était à portée de main. L’avènement du quinquennat de Nicolas Sarkozy donna un coup d’arrêt brutal à cette vision d’un traité entre l’Algérie et la France.

J’avais à cette époque décrit cela dans un ouvrage que j’avais intitulé «De la Traite au traité: histoire d’une utopie.» Nous allons dans cette contribution, au risque de remuer le couteau dans la plaie, décrire le calvaire du peuple algérien. Quand Victor Hugo confortait Bugeaud dans «sa conquête» par le fer et par le feu, c’est pour nous la description de toute l’ambivalence de la civilisation française. Nous lisons avec effroi des textes écrits par des écrivains et des poètes que nous avons appris à aimer. C’est dire, si nous tombons de très haut à la lecture de ces textes, que l’on peut tout à fait retrouver sous la plume d’un Renan, d’un Gobineau, voire de Jules Ferry.

L’invasion

Des raisons de la conquête de la Régence d’Alger par les Français en juillet 1830, on connaissait la version officielle. Tout commence le 30 avril 1827. La conquête de l’Algérie est-elle justifiée seulement par le désir de venger l’affront fait à un diplomate? Non, répond Pierre Péan, auteur de Main basse sur Alger, un ouvrage qui retrace les dessous de l’entreprise française. Et si cette conquête avait été menée dans le but de faire main basse sur les immenses trésors de la régence d’Alger. Les trésors? L’équivalent de plus de 500 millions de francs de l’époque (soit 4 milliards d’euros).

Le général de Bourmont, qui s’était tristement illustré à Waterloo en désertant, est chargé de lever les armées. Qu’est-il advenu de cette immense fortune que des navires entiers ont fait sortir d’Alger? La plus grande partie du trésor de la Régence et des pillages opérés dans la Casbah, dans la ville et dans les environs d’Alger a donc abouti dans les poches des militaires, de fonctionnaires des Finances, de banquiers, de négociants et d’aventuriers mais aussi dans celles du roi des Français, indique Pierre Péan. Indépendamment de la prise de 1500 canons (la pièce d’artillerie – Baba Merzoug – est expédiée à Brest le 27 juillet 1833), de 12 bâtiments navals, d’immeubles considérables et de la mise à sac de la ville jamais estimée. Quant à l’expédition, elle avait été évaluée à 25 millions de francs!  Ce fut donc une expédition très lucrative. Le trésor fut chargé sur 5 navires: l’or sur le Marengo et le Duquesne, l’argent sur le Scipion, le Nestor et la Vénus.

L’officier-interprète Urbain, dans son Histoire de l’Algérie écrira: Les édifices publics, les riches villas des environs d’Alger furent saccagés par les soldats qui détruisaient pour le plaisir de détruire… sans que les chefs opposent la moindre résistance à ce vandalisme.» De son côté, l’intendant Raynal, évoquant les Algérois, «ces prétendus barbares», rapporte un fait qui lui paraît décisif en faveur de l’opinion qu’il a conscience de la civilisation des Maures. «Il existe, écrit-il, à Alger un grand nombre d’écoles où l’on suit un mode d’instruction fort analogue à notre enseignement mutuel. Elles sont fréquentées par tous les enfants maures ou koulouglis, et je ne crois pas trop m’avancer en affirmant que l’instruction est plus répandue dans cet ancien repaire de pirates que dans beaucoup de villes de France.»

Le choc fut terrible:

Le coup de jarnac du président Hollande: La réalité de l’amitié socialiste

Le coup de jarnac du président Hollande: La réalité de l’amitié socialiste

«Avava aya asnaker, ammi’akalnaghe» 

«O mon père levons-nous pour laver l’affront. Non mon fils, ils savent ce que nous valons» 


Proverbe kabyle

Ce proverbe du terroir traduit plus que mille discours l’état de faiblesse de notre pays. Voilà un pays à qui nous avons toujours donné la préférence par les liens de l’Histoire, de la proximité géographique et par le partage d’une langue qui vient de nous replacer à notre juste place, à savoir un marché avec des barbares susceptibles d’attenter à la personne d’un ministre de la République. Ceci est d’autant plus grave que l’Algérie est donnée en pâture pour amuser, voire amadouer le Crif qui caporalise la République au point qu’elle est attentive à toutes les injonctions de ce dernier.

Les faits

Lors d’une réception avec la communauté des juifs français du Crif qui, -au passage, ne représente pas tous les Français juifs mais qui a développé depuis une vingtaine d’années une capacité d’influence sur la vie française à tel point que rien de ce qui touche Israël ne peut se faire qu’avec l’aval ombrageux de cette communauté-,   le président sans doute dans un de ses bons jours s’agissant de ses bons mots, a pris comme souffre-douleur l’Algérie et ce faisant, a fait rire ses invités en présentant implicitement l’Algérie comme un coupe -gorge, jugez-en plutôt. Dans la presse pour qui cette boutade est du pain bénit, François Hollande se réjouit à l’Elysée devant le Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France) «que son ministre de l’Intérieur est revenu sain et sauf d’Algérie».

Nous lisons dans une contribution de Hichem Hamza à ce propos : «Férue de petites phrases politiques, la presse écrite et audiovisuelle, récemment conviée à l’Elysée pour une cérémonie communautaire, n’a pourtant pas rapporté un curieux propos prononcé par le chef de l’Etat. 

Nulle autocensure en la matière: peut-être faut-il y voir, plus simplement, le signe d’une indifférence qui pourrait s’expliquer par l’homogénéité socioculturelle des journalistes présents. Sous les dorures de l’Elysée, un anniversaire est célébré: les 70 ans du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). 

Avant de prononcer son allocution chaleureuse de bienvenue, François Hollande a visiblement tenu à égayer l’atmosphère en adoptant son style facétieux. C’est ainsi qu’à travers Manuel Valls, présent dans la salle, le chef de l’Etat a semblé improviser une étrange plaisanterie. Après avoir fait remarquer que le ministre de l’Intérieur devait bientôt partir en Algérie, il fut immédiatement corrigé par l’intéressé qui lui précisa en être revenu. Répliquant à cette rectification, François Hollande a alors affirmé, sourire aux lèvres, que son ministre s’en était donc retourné «sain et sauf». Avant d’ajouter aussitôt: «C’est déjà beaucoup!». 

Une partie de l’audience a visiblement apprécié la blague, si l’on en juge par les rires audibles dans l’extrait suivant (visible à partir de 0’16). (1)(2)

Comment arrive-t-il dans le même discours à faire une blague pour le moins douteuse sur les Algériens? Où était la France pendant la décennie noire, pendant que le peuple, les intellectuels se faisaient assassiner par des hordes de terroristes à 2h d’encâblure de Paris. Aujourd’hui,   la paix civile est revenue, vous vous permettez de faire offense à tout ce peuple qui s’est sacrifié pour sauvegarder (malgré ce que l’on peut en dire) la démocratie et la liberté en Algérie, ainsi que la stabilité en Europe.

Le Président de la «5ème Puissance mondiale» ne sait même pas si son ministre a quitté ou il a rejoint l’Hexagone,

lundi 23 décembre 2013

La leçon de courtoisie

La leçon de courtoisie

  Meriem Sassi 

Ramtane Lamamra aura eu une grande élégance en répondant à François Hollande dont les propos très bas de gamme ont laissé clairement transparaître tout le «bien» qu’il pense de notre pays, dans l’intimité de son entourage.

Lamamra aura eu des propos mesurés, dignes d’un homme de sa stature, de sa mission et de ses valeurs diplomatiques, mais la fermeté de son intonation et les mots choisis étaient autant de mises en garde et de remises à l’ordre au président français.

La retenue de l’homme a fait justement toute la force de son intervention, contrairement à ce que pensent certains. Pas d’hystérie, pas de mots déplacés, mais une intonation sereine qui avait le poids d’un lourd désaveu face aux propos irresponsables de Hollande.

Celui-ci a été taclé sur le manque d’élégance et de tact qu’il a montré malgré la mission qu’il occupe à la tête de l’Etat français. Il a été invité, en toute subtilité, à corriger ses propos pour clore l’année qui s’achève sur une note positive dans les relations entre les deux pays.

Lamamra qui a utilisé un mot relevant de la sémantique économique, «moins-value», aura aussi lancé quelques flèches aux Français accourus à Alger pour préserver un marché qui commence à leur échapper.

De plus, le hasard a fait que les mises au point de Lamamra ont été faites lors d’une conférence de presse avec le ministre chinois des Affaires étrangères en visite à Alger. Un partenaire qui s’implante sur le marché algérien et qui déclasse les Français dans leur position de premier fournisseur de notre pays.

Une place que la France veut à garder coûte que coûte, alors qu’en matière d’investissement productif elle fait la sourde oreille. Les Chinois auront été encore une fois au bon endroit et au bon moment, et ils auront pris acte de ce énième soubresaut entre Alger et Paris. Lamamara les a invités, d’ailleurs, à accroître leurs investissements productifs en Algérie, comme il le fait inlassablement avec d’autres hommes d’affaires d’autres pays.

Depuis quelques semaines,

jeudi 12 décembre 2013

50 vérités sur Nelson Mandela

Les grandes puissances occidentales s'opposèrent jusqu'à la fin à la lutte de Mandela et appuyèrent le racisme de Pretoria

 

Salim Lamrani

Mondialisation.ca

Opera Mundi

 

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Le héros de la lutte contre l’Apartheid a marqué à jamais l’histoire de l’Afrique. Au crépuscule de son existence, Nelson Mandela est vénéré par tous. Cependant, les grandes puissances occidentales se sont opposées jusqu’aux ultimes instants à son combat pour l’émancipation humaine et ont soutenu le régime raciste de Pretoria.

 

1. Né le 18 juillet 1918, Nelson Rolihlahla Mandela, surnommé Madiba, est le symbole par excellence de la résistance à l’oppression et au racisme et de la lutte pour la justice et l’émancipation humaine.

 

2. Issu d’une famille royale de treize enfants, Mandela est le premier à fréquenter une école méthodiste et étudie le droit à l’Université de Fort Hare, la seule à accepter alors les gens de couleur dans le régime ségrégationniste de l’Apartheid.

 

3. En 1944, il adhère au Congrès national africain (ANC) et notamment à sa Ligue de jeunesse d’obédience radicale.

 

4. L’Apartheid, mis en place de 1948 avec la victoire du Parti National Purifié, instaurait la doctrine de la supériorité de la race blanche et divisait la population sud-africaine en quatre groupes distincts : les Blancs (20%), les Indiens (3%), les Métis (10%) et les Noirs (67%). Ce système ségrégationniste ostracisait ainsi les 4/5 de la population du pays.

 

5.Des bantoustans, réserves territoriales destinées aux gens de couleurs, ont été créés afin de parquer les populations non blanches. Ainsi, 80% de la population était obligée de vivre sur 13% du territoire national, souvent dépourvu de ressources naturelles ou de secteur industriel, dans la plus grande indigence.

 

6. En 1951, Nelson Mandela devient le premier avocat noir de Johannesburg et prend la tête de l’ANC de la province du Transvaal un an plus tard. Il est également nommé vice-président national.

 

7. A la tête de l’ANC, il lance la defiance campaign contre le régime raciste de l’Apartheid et utilise la désobéissance civile contre les lois ségrégationnistes. Lors de la manifestation du 6   avril 1952, date marquant le 300ème anniversaire de la colonisation de l’Afrique du Sud par les Blancs, Mandela est arrêté et condamné à près d’un an de prison. Depuis sa résidence surveillée de Johannesburg, il met en place des cellules clandestines de l’ANC.

 

8. Au nom de la lutte contre l’Apartheid,

Ceux qui sont en deuil de Mandela

L'art de la guerre

 Manlio Dinucci

Mondialisation.ca

 

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Au premier rang de la cérémonie funèbre pour Nelson Mandela, symbole de la lutte contre l’apartheid, il y aura le président et deux ex-présidents des Etats-Unis et le Premier ministre de la Grande-Bretagne, c’est-à-dire les représentants des Etats qui soutinrent le plus le régime de l’apartheid, surtout pendant la présidence de Reagan (qui définissait comme terroriste l’organisation anti-apartheid de Mandela) et le gouvernement Thatcher.

 

David Cameron –qui en habit de premier ministre britannique exprime aujourd’hui une « extraordinaire tristesse pour la disparition du héros de la lutte anti-apartheid »- quand Mandela était encore en prison, et qu’il était, lui, une étoile montante des conservateurs, effectua en 1989 un voyage en Afrique du Sud, organisé et financé par la société Strategy Network International, un puissant lobby qui s’opposait aux sanctions contre le régime d’apartheid.

 

Le démocrate Bill Clinton, qui ira en Afrique du Sud pleurer la mort d’ « un vrai ami », essaya de toutes les manières, quand il était président, d’empêcher que Mandela (devenu président d’Afrique du Sud en 1994) se rendit en 1997 en Libye, alors sous embargo, et qu’il invitât Khadafi en Afrique du Sud en 1999. Mandela répondit ainsi : « Aucun pays ne peut prétendre être le policier du monde et aucun Etat ne peut dicter à un autre ce qu’il doit faire. Ceux qui hier étaient des amis de nos ennemis ont aujourd’hui l’impudence de me dire de ne pas aller rendre visite à mon frère Khadafi », ils veulent « nous faire tourner le dos à la Libye qui nous a aidés à obtenir la démocratie ».

 

 

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Le républicain Georges Bush, qui ira en Afrique du Sud pleurer la mort de Mandela « grand combattant pour la liberté », a été l’artisan en tant que président de la création du Commandement Africa, l’instrument militaire et politique d’une nouvelle conquête de l’Afrique.

 

Le président démocrate Barack Obama, qui à la cérémonie funèbre répètera « je ne peux pas imaginer ma vie sans l’exemple donné par Mandela », est celui qui a détruit par la guerre la Libye

Il était une fois la Libye: La faute de l’Occident, le devoir d’aide de l’Algérie

Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca

 

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«Il est de la responsabilité de l’Occident de ´´nettoyer le désordre qu’il a mis´´ en Libye, où la rébellion a proclamé révolue l’ère de Mouammar Kadhafi après sa prise de contrôle de la majeure partie de Tripoli», a estimé la presse d’Etat chinoise. ´´Renverser le régime de Kadhafi représente un spectacle pour les médias, discuter de la re08 construction ne l’est pas´´.»

Editorial du quotidien chinois Global Times rapporté par l’AFP le 23 2011

 

D’une façon prophétique, Mustafa Abdul Jalil, l’ex-chef du CNT, a déclaré à al-Jazeera que si les insurgés commettaient des actes de vengeance, il démissionnerait. «Il y a des groupes islamistes extrémistes qui cherchent à créer des turbulences dans la société libyenne. Je ne serai pas fier d’être à la tête d’un Conseil avec de tels rebelles.» C’était il y a deux ans, quelques semaines avant le lynchage d’El Gueddafi qui n’a pas apporté le bonheur aux Libyens, c’est plus que jamais le chaos.

 

Ce qui reste de la Libye: la guerre de tous contre tous

 

La Libye heureuse a disparu! Dans une analyse sans concession, un éditorialiste de la Voix de la Russie écrit: «La menace de famine, les conflits intestins incessants, le collapse de l’économie et la probabilité de désintégration nationale sont les réalités de la Libye d’aujourd’hui après «la leçon de démocratie» donnée par la coalition occidentale. Existe-t-il une chance de remettre ce pays dans la voie de la paix et qui doit être tenu pour responsable des conséquences désastreuses d’une révolution financée de l’extérieur?

 

Deux ans après la «révolution libyenne», la situation dans ce pays a atteint le point critique. Les autorités actuelles et les leaders d’une énième vague de protestations bloquent les relations économiques élémentaires du pays avec le monde extérieur dont dépendent énormément de choses. Les uns ne peuvent pas payer les importations de denrées alimentaires parce que les autres bloquent les exportations de pétrole qui sont nécessaires comme l’oxygène pour renflouer le budget. Par ailleurs, la production de pétrole a chuté de 10 fois par rapport à l’époque «prérévolutionnaire» parce que le pays est à nouveau en proie aux affrontements armés entre les différentes fractions rivales, ce qui bloque les autorités qui le tentent d’enrôler des hommes armés pour les intégrer aux forces de sécurité» (1).

 

Pour l’éditorialiste russe: «Les pays occidentaux sont responsables – y compris financièrement – face au peuple libyen: «Ils doivent assumer leur responsabilité. Ils ont fait passer la résolution les autorisant à prendre la défense du peuple prétendument opprimé par le régime de Kaddhafi. Ils ont porté 30.000 frappes aériennes contre la Libye et ont réduit en ruine 11 villes de ce pays.

 

L’Occident avait promis 10 milliards de dollars pour les reconstruire mais elles sont toujours en ruine. Si les pays occidentaux voulaient réellement instaurer la paix pour les Libyens, ils devraient prendre des mesures urgentes pour que la Libye reste au moins un État fédéré au lieu de partir en morceaux), explique-t-il.

 

C’est la menace d’une catastrophe humanitaire d’envergure pour ce pays de 6 millions d’habitants

samedi 7 décembre 2013

Hommage à Madiba, The Invictus [1918 - 2013]

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Nelson Rolihlahla Mandela,

Maitre de son destin, capitaine de son âme.

 

Afrique du Sud : Hommage à Madiba, The Invictus [1918 - 2013]

 

René Naba

 

Vingt-six ans durant, Rolihlahla, au nom prédestiné de «fauteur de troubles», déclamera ce poème dans sa cellule de la prison de Robben Island, puis de Pollsmoor, comme la marque de sa détermination à mener son combat jusqu’à son terme; comme le symbole de sa lutte résolue face à ces tortionnaires ségrégationnistes blancs d’Afrique du sud, le parfait exemple d’un militantisme intégral; comme la marque de sa farouche croyance dans le destin de son pays et de son continent, l’Afrique, objet de la plus formidable dépossession de l’histoire de l’Humanité.

 

Court poème de l’écrivain britannique William Ernest Henley, très repris dans la culture populaire qui contribua à sa célébrité, le titre se fonde sur la propre expérience de l’auteur, qu’il écrivit, en 1875, sur son lit d’hôpital, à la suite de son amputation du pied. William Henley disait de lui-même que ce poème était une démonstration de sa résistance.

 

Invictus (Invaincu, celui dont on ne triomphe pas), poème préféré du chef du combat nationaliste africain, dont il déclinait les vers comme autant de mot d’ordre, sera popularisé à l’échelle planétaire par le film de Clint Eastwood, dont il en constituera le titre éponyme.

 

Magistralement interprété par Morgan Freeman et Matt Damon, le film retrace en la scellant l’apothéose de la réconciliation entre Afrikaners et Noirs, lors de la finale de la coupe du Monde de Rugby, en Afrique du sud, en 1995, l’année suivant l’élection de Mandela à la présidence de l’Union sud-africaine.

 

Le tombeur de l’apartheid, portant le maillot des Springboks, symbole absolu de l’Apartheid, remettant la coupe au capitaine de l’équipe sud-africaine, François Piennaar, un afrikaner pur sucre, cimentera «la nation arc en ciel» par ce coup de génie de Madiba en propulsant Nelson Mandela au rang d’icône planétaire. «L’un des deux plus indiscutables magnifiques personnages du dernier millénaire, avec le Mahatma Gandhi», selon l’expression de l’écrivaine sud-africaine Nadine Gordimer.

 

Dans la nuit qui m’environne,

Dans les ténèbres qui m’enserrent,

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