mardi 23 juillet 2013

Henri Alleg et la dignité humaine : Les tortionnaires en “question”

 Chems Eddine Chitour

Mondialisation.ca

 

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«J’ai entendu hurler des hommes que l’on torturait, et leurs cris résonnent pour toujours»

Henri Alleg, dans « La Question »

 

Henri Alleg est mort mercredi en France à l’âge de 92 ans. Sous la plume de Charles Silvestre, nous lisons ce bref rappel du parcours de ce révolutionnaire hors pair: «Connu sous le nom d’Henri Alleg, qu’il avait pris lors de son passage dans la clandestinité pendant la Guerre d’Algérie, Harry Salem est mort le 17 juillet à Paris. Dans son livre La Question qui reste un document majeur sur la torture, il avait témoigné sur les sévices qu’il avait subis, en 1957, entre les mains des parachutistes français. Il faut imaginer la scène: Alleg recroquevillé contre le mur, à moitié groggy. Le para a fait le «boulot»: gégène, étouffement par l’eau, brûlures…: «Vous pouvez revenir avec votre magnéto [générateur d'électricité], je vous attends: je n’ai pas peur de vous.» (1)

 

«Journaliste depuis 1950, Alleg connaît son Algérie où depuis longtemps, selon les mœurs coloniales, on torture dans les commissariats et les gendarmeries jusqu’à de petits délinquants qui ne veulent pas «avouer». A l’automne 1955, un an après le déclenchement de l’insurrection, le 1er novembre 1954, il plonge dans la clandestinité quand le quotidien Alger républicain, dont il est le directeur, est interdit et le Parti communiste algérien (PCA), dont il est membre, dissous». Le 12 juin 1957, les parachutistes l’attendent au domicile de Maurice Audin. Celui-ci, jeune assistant en mathématiques, lui aussi militant du PCA, a été arrêté. Il mourra le 21 juin, sous la torture. Le scandale de sa «disparition» aura vraisemblablement sauvé du pire son camarade.(…) Jérôme Lindon, qui dirige les Editions de Minuit, publie l’ouvrage en février 1958. La Question fait l’effet d’une bombe: soixante mille exemplaires vendus en quelques semaines. Le non-dit qui, en dépit des premières révélations, continuait de régner sur la torture, vole en éclats. La sortie a été précédée d’une plainte au procureur de la République dont l’Humanité publiera le texte – aussitôt censuré». (1)

 

«Son peuple, s’il en faut un, sera le peuple algérien, celui du cireur de chaussures qui l’appelait «rougi» pour ses taches de rousseur. Le moindre geste de fraternité humaine fait fondre ce petit bonhomme aux yeux rieurs, qui raconte des histoires à n’en plus finir: juives? arabes? anglaises? parisiennes? Ce croisement des origines et des cultures, hors de toute domination de classe et de «race», c’est très exactement l’idée qu’il se fait de l’Algérie et au nom de laquelle il honnit le colonialisme. (…) Il signera, en 2000, l’Appel des douze «pour la reconnaissance par l’Etat français de la torture», aux côtés de Germaine Tillion, d’une idéologie pourtant sensiblement différente, parce que le texte indique bien que «la torture est fille de la colonisation». Jusqu’au bout, il avait poursuivi sa recherche éperdue d’un monde d’hommes libres, égaux, et associés – qu’il identifiait au communisme. (…) Endurci par son combat, Henri Alleg avait mis les mains dans le cambouis de l’histoire. D’autres se flatteront d’avoir les mains pures. Mais, pour reprendre une formule de Péguy, on peut se demander s’ils ont jamais eu des mains…» (1)

L’humanité et les Droits de l’homme n’auront jamais autant régressé

L’humanité et les Droits de l’homme

n’auront jamais autant régressé

 

Nous vivons une époque unique de notre histoire. Avec l’affaire Prism, un scandale planétaire d’espionnage qui vient s’ajouter aux révélations antérieures de Wikileaks, le monde se trouve aujourd’hui, en 2013, face à un tournant historique. Le monde change, et la liberté des peuples n’aura jamais été autant menacée qu’à présent. L’humanité et les Droits de l’homme n’auront jamais autant régressé. Certaines parties du monde sont plongées dans le chaos, alors que d’autres se relèvent difficilement de la guerre ou de la révolution.

21 juillet 2013

 

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Manifestation place Syntagma, en Grèce (2011)

 

Il y a d’abord eu l’Afghanistan, une guerre meurtrière comme toutes les guerres qui existent. Puis, il y a eu l’Irak, un massacre comparable à celui de la 2ème guerre mondiale. Comme si ces guerres n’avaient pas suffi, et comme si le nombre des morts n’avait pas été suffisamment effrayant, il y a aujourd’hui la guerre en Syrie — une guerre sans fin. Toutes ces guerres engendrées par l’Occident ont fait de nombreux morts parmi les musulmans. Les pays du Moyen-Orient ont souffert, et si on compte ces guerres comme une seule guerre de l’Occident contre le Moyen-Orient, alors on peut dire qu’il y a eu un génocide commis envers les peuples musulmans vivant au Moyen-Orient. Ces peuples n’ont pas pu se défendre.

 

L’Irak, l’Afghanistan, la Libye et la Syrie — sans compter les musulmans d’autres pays qui ont aussi été les victimes de toutes ces guerres. Les Etats-Unis et l’Europe ont mené des guerres inutiles, honteuses et inhumaines au Maghreb et au Moyen-Orient. Ces derniers mois, nous a aussi été révélée l’horreur du système concentrationnaire mis en place pour détenir les prisonniers de Guantanamo. Cette prison existe toujours. Des milliers de détenus et des milliers de morts encore dans les attaques de drones.

 

Quel est donc ce pays qui a torturé des hommes, sans leur avoir laissé la possibilité de se défendre ? Quel est ce pays qui a enfreint les traités internationaux sur les Droits de l’homme ? Quel est ce pays qui a incité également 54 autres nations à participer au vaste programme de torture et de déportation vers la prison de Guantanamo ? Quel est ce pays qui aveugle les hommes avec des principes de liberté, mais qui en échange ne donne que l’injustice et la répression contre tous ceux qui veulent s’élever vers la liberté ?

 

Quel est ce pays d’injustice et de honte qui livre désormais la guerre contre les lanceurs d’alerte ? Ce pays, ce sont les Etats-Unis, et plus largement l’Occident qui se livre à une dénégation totale du principe des Droits de l’homme dans nos pays depuis ces toutes dernières années.

Le monde sans le Qatar

Thierry Meyssan

 

Le subit retrait politique du Qatar hors de la scène internationale a été suivi, une semaine plus tard, du renversement Mohamed Morsi en Égypte. Bien qu’il n’y ait qu’une concomitance entre les deux évènements, sans lien de cause à effet, leur survenue change radicalement l’avenir du monde arabe.

 

Réseau Voltaire

 

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Mohamed Morsi et l’émir Hamad Al-Thani

 

En deux semaines, les Frères musulmans, à qui Washington promettait de gouverner le monde arabe, ont perdu deux de leurs principaux leviers de pouvoir. L’émir Hamad Al-Thani du Qatar a été contraint d’abdiquer le 25 juin, et avec lui son inspirateur et Premier ministre, HBJ. Le 3 juillet, le président Mohamed Morsi a été renversé par l’Armée égyptienne, tandis que des mandats d’arrêt étaient bientôt lancés contre les principaux responsables du mouvement égyptien, dont le Guide suprême de la confrérie, Mohammed Badie.

 

Il ne semble pas qu’en poussant l’émir Hamad vers la sortie, Washington prévoyait un autre changement de régime en Égypte. Les États-Unis, qui n’ont pas supporté ses magouilles politico-financières, ont remis le Qatar à sa place de micro-État. Jamais Washington n’a remis en cause l’aide apportée par l’émir aux Frères musulmans, ni leur rôle au Caire, mais juste l’enflure de l’émirat.

 

Le rôle des Frères

 

Quoi qu’il en soit, l’inattendue accession légale de la Confrérie au pouvoir, en juin 2012, en Égypte, laissait entendre le véritable objectif du « printemps arabe » : une nouvelle ère de colonisation fondée sur l’accord secret des Frères, des États-Unis et d’Israël. Pour la Confrérie, l’islamisation forcée des sociétés d’Afrique du Nord et du Levant ; pour Washington, la globalisation économique, incluant des privatisations massives ; et pour Tel-Aviv, la continuation de la paix séparée de Camp David.

 

Il importe de bien comprendre que, ce faisant, « La Confrérie est devenue le fer de lance du sionisme arabe », selon l’expression du penseur libanais Hassan Hamade. Ce que confirme à sa manière le « conseiller spirituel » de la chaîne qatarie Al-Jazeera, cheikh Yusuf al-Qaradawi lorsqu’il prêche que si Mahomet était parmi nous aujourd’hui, il vivrait en paix avec les Israéliens et soutiendrait l’Otan.

 

L’idéologie de la Confrérie

 

Cette position a été favorisée par la structure des Frères musulmans. Bien qu’elle dispose d’une coordination internationale,

Bientôt, plus d’obstacle au nouveau Sykes-Picot

Thierry Meyssan

 

Vous avez sûrement observé le changement de ton de la presse atlantiste sur la question syrienne. Les « rebelles », ces « héros de la Liberté », se sont soudain mués en terroristes fanatiques qui s’entre-déchirent. Pour Thierry Meyssan, il n’y a rien de nouveau sous le soleil : Washington a simplement abandonné l’idée de renverser Bachar el-Assad et se dirige vers la tenue de la conférence de Genève II. Prochaine étape : la perte d’influence française dans la région.

 

Réseau Voltaire

 

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Le secrétaire d’État, John Kerry, abandonne ses alliés. Il n’y aura pas de livraison d’armes décisives aux « rebelles » en Syrie. Bachar el-Assad ne sera pas renversé. Les promesses des États-Unis n’engageaient que ceux qui y ont cru.

@ Département d’État

 

Le 13 juin dernier, le porte-parole du Conseil de sécurité nationale des États-Unis annonçait que la ligne rouge avait été franchie : ainsi que le montraient les preuves accumulées par les Français et les Britanniques, la Syrie de Bachar el-Assad avait utilisé des armes chimiques contre son propre peuple. On allait voir ce que l’on allait voir… Sans attendre, le nouveau commandement joint des Forces terrestres de l’Otan était activé à Izmir (Turquie). La guerre était imminente.

 

Un mois plus tard, la détermination occidentale a disparu. La presse atlantiste découvre avec effroi que l’opposition armée en Syrie est composée de fanatiques haïs par la grande majorité des Syriens, ce que nous ne cessons de dire depuis deux ans. Tandis que, sur place, l’Armée syrienne libre et le Front Al-Nosra, au lieu de combattre contre les troupes de Damas, se livrent l’un à l’autre une guerre sans merci.

 

Que s’est-il donc passé qui a pu transformer la guerre de « libération » de la Syrie en ce vaste désordre ? En réalité, aucun des enjeux n’a changé en un mois : l’Armée arabe syrienne n’a jamais utilisé d’armes chimiques contre les « rebelles » ; et ceux-ci ne se sont pas « radicalisés ». Par contre, le plan US que j’exposais, le premier, en novembre dernier, se met lentement en place. L’étape du jour, c’est le lâchage de l’opposition armée.

 

Tout ceci nous confirme l’essoufflement de l’impérialisme anglo-saxon. L’application sur le terrain des décisions prises à Washington s’effectue avec une extrême lenteur.

vendredi 19 juillet 2013

Qatar : fin de partie…

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Jacques-Marie Bourget

 

Libye, Égypte, Syrie, Mali : tous les fers placés au feu par le petit émirat ont cessé d’être rouges. Doha doit revenir dans ses étroites frontières, celles d’une principauté théocratique et dictatoriale, guère plus vaste qu’un immense hall de banque.

 

Il faut se souvenir de la violente algarade qui, à l’ONU lors de l’un des multiples débats sur la Syrie, a opposé le représentant du Qatar à celui de la Russie. Le premier intervenant avec une telle arrogance qu’on croyait Condoleeza Rice revenue. Et le représentant de Poutine de s’écrier : « Tu es qui toi ? Le Qatar ? Alors il nous suffit d’appuyer sur un bouton et, hop, il n’y a plus de Qatar… ». Il y a six mois encore, juste avant l’opération Serval au Mali, à défaut d’être les maîtres du monde, l’émir de Doha et Hamad Ben Jassem, « HBJ » son cousin premier ministre, étaient convaincus de dominer le jeu politique de Saint-Louis du Sénégal à Kaboul. Hélas, comme celle des Rois mages l’étoile de Doha n’a fait que passer dans le ciel. Aujourd’hui l’heure est venue où, penaud, il faut amener les voiles et se faire discret. Libye, Égypte, Syrie, Mali : tous les fers placés au feu par le petit émirat ont cessé d’être rouges. Doha doit revenir dans ses étroites frontières, celles d’une principauté théocratique et dictatoriale, guère plus vaste qu’un immense hall de banque.

 

Lancée par le duo émir Al-Thani - Nicolas Sarkozy, l’offensive contre Kadhafi a engendré la surprise des Américains. Ils ne sont allés à la guerre que munis de pincettes. Quand Washington, avant même l’assassinat de son ambassadeur à Benghazi, s’est rendu compte que la « libération » de la Libye avait aussi pour but de saisir les 165 milliards du trésor du colonel et de prendre en main les réseaux de la Jamahiriya en Afrique de l’ouest, l’administration Obama a trouvé son indéfectible allié de Doha quelque peu débordant…

 

En Égypte, le sponsoring du Qatar accordé aux Frères Musulmans tombait dans le cœur de cible de la politique de Washington. Depuis Nasser, les « Frères » sont les bienvenus à Washington où, en son temps, une délégation a même été officiellement reçue par le président Eisenhower. Les services spéciaux suisses n’ont-ils pas détecté que le père de Tarik Ramadan, réfugié aux pays des lacs, était en contact avec la CIA… Ne jamais oublier que, sur le billet du dollar est écrit « In God we trust » : la solution religieuse aux problèmes politiques est toujours bien vue au pays des évangélistes.

 

C’est la tutelle de fer de Morsi et de ses amis, la prise des pleins pouvoirs par les « Frères », qui a défrisé l’espoir des américains mis dans les disciples d’Allah. Faut-il ajouter à cela la détresse économique et l’absence de toute initiative capable de faire bouger d’un centimètre le dramatique dossier de Palestine. Bailleur à fonds perdus, en milliards, le Qatar et son arme de destruction idéologique, Al-Jazeera, a fini par se faire détester par une bonne partie de la population égyptienne.

lundi 15 juillet 2013

La honte! Le prix du sang et la vassalisation de l’Europe

Par Manuel De Diéguez

 

La honte! Le prix du sang et la vassalisation de l’Europe

 

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1 – Des funérailles prometteuses

 

2- Analyse anthropologique de la vassalisation

 

3 – Le déshonneur politique, un tribut religieux

 

4 – Un exemple de rapetissement mental

 

5 – Le tribut de la mort

 

6 – Le sang du messianisme américain coule dans nos veines

 

7 – Le sang sacré de la démocratie

 

8 – Dieu dans la démocratie

 

9 – La Théo-politique américaine

 

10 – Les Pizarre de la raison

 

 

clip_image0031 – Des funérailles prometteuses

 

L’expulsion de l’Europe de la scène du monde qu’on appelle l’histoire semble inéluctable. Mais en sera-t-elle réduite à jouer sa scénette sur les planches d’un mini théâtre? Pour l’apprendre, demandons-nous, primo, quels seront le contenu politique et la portée philosophique du déclin cérébral du Vieux Monde tout au long du lent engloutissement intellectuel de l’ex civilisation de l’intelligence critique; car, depuis la chute de l’empire roman, les décadences se sont toujours accompagnées d’une longue agonie dans la débilité mentale – mais celle-ci n’a jamais été ni observée, ni expliquée; et, secundo, demandons-nous si la fatalité d’un trépas neuronal charriera néanmoins des promesses encéphaliques inattendues, donc des sources potentielles d’un rayonnement nouveau de la lucidité politique.

 

C’est espérer que de grands fécondateurs des déclins – on les appelle des philosophes – partiront d’un bon pas à la chasse aux trésors que seuls les désastres précieux cachent dans leurs flancs. Ces éveilleurs commenceront par approfondir à vive allure le diagnostic qu’appellent les catastrophes roboratives, afin de s’assurer, avec l’énergie de la démonstration du théorème de Pythagore, que l’éjection irréversible du Vieux Monde de la planète des armes donnera un nouvel envol à la chouette de Minerve.

 

Rappelons que le verdict alarmant du corps médical est tombé depuis longtemps. C’est pour toujours, dit l’Hippocrate des nations, que l’Angleterre s’est résignée à s’asseoir sur le banc des satellites réjouis de l’Amérique et qu’elle n’y occupe même plus un premier rang qu’elle jugeait flatteur depuis 1945.

 

imageLa vassalisation conjointe du Vieux Monde et d’Albion n’est plus à démontrer : soixante-dix ans après la fin de la deuxième guerre mondiale, cinq cents bases militaires du vainqueur quadrillent le territoire d’une Allemagne et d’une Italie asservies à jamais. Quant au quartier général des forces d’occupation, il s’est lové à Mons en Belgique depuis 1966, d’où il est devenu inexpugnable. Mais c’est dans les têtes que l’empire américain trône au premier chef et défie le rêve d’une éventuelle Renaissance.

 

"Intus, intus, equus trojanus." "A l’intérieur, à l’intérieur, le cheval de Troie!", s’écrie Cicéron devant le Sénat – mais personne n’ajoute avec lui: "Tant que je serai consul, vous ne serez pas attaqués dans votre sommeil ", parce que nous dormons maintenant debout et en plein jour.

 

Placé sous sa livrée étoilée, le mythe de la Liberté se loge encore dans les ors et la pompe de la République. La Maison Blanche a pu retirer ses dorures à la bombe nucléaire dont la France revendiquait les bienfaits et l’Allemagne a applaudi l’arrivée en grande pompe du bouclier fantasmatique des Patriot.

Edward Snowden, révélateur de la médiocrité européenne

Edouard Snowden aura eu une semaine plus qu’incertaine mais aussi pleine de rebondissements. Après s’être vu refusé l’asile par la majorité des 21 pays auprès desquels il avait fait la demande, avoir passé déjà près de 15 jours dans la zone de transit de l’aéroport international de Sheremetievo, s’être fait demandé en mariage par la ravissante espionne russe Anna sur Twitter, l’ex-agent américain a réussi à déclencher une crise politique majeure entre l’Occident et l’Amérique Latine.

 

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Une crise déclenchée par la décision de divers pays européens (France, Espagne, Portugal et Italie) de fermer la semaine dernière leurs espaces aériens à l’avion du président Evo Morales, soupçonnant la présence à bord de l’ex-consultant américain, Edward Snowden.

 

Suite à cet acte inamical et injustifié, une coalition d’États d’Amérique Latine (Bolivie, Equateur, Surinam, Argentine, Uruguay et Venezuela) fait désormais front diplomatique pour obtenir des excuses des pays européens dont les ambassades ont été malmenées ces derniers jours. Le président Morales a même menacé de fermer l’ambassade américaine à La Paz, ce qui, après l’expulsion de l’ambassadeur des Etats-Unis en Bolivie en 2008, puis de la principale agence antidrogue américaine (DEA) en 2009 et enfin de la fermeture du Mac Donald’s en 2013, contribuerait à faire de la Bolivie un État qui affirme sa souveraineté politique et culturelle au plus haut niveau.

 

Conséquence ou non de ce tumulte géopolitique et diplomatique, Le Venezuela et le Nicaragua viennent d’annoncer qu’ils étaient déjà prêts à accorder l’asile diplomatique à Edward Snowden. Apres l’Equateur qui accueille, rappelons-le, Julien Assange dans son ambassade depuis maintenant prés d’un an, l’Amérique Latine se présente définitivement en pôle de résistance à un Occident de plus en plus totalitaire et une Europe de plus en plus asservie.

 

Tout comme l’Italie, l’Espagne et le Portugal, la France s’est comportée non pas comme un état souverain mais bien comme un simple domestique envers son maître. Le Socialistan a d’abord refusé le survol de son espace aérien par le président Morales. Puis le président Français a un peu plus tard affirmé qu’il avait au contraire « donné l’autorisation de survol de la France » pendant que le Quai d’Orsay justifiait quant à lui cette situation confuse par « les regrets de la France suite au contretemps occasionné par les retards dans la confirmation de l’autorisation du survol du territoire par l’avion du président ».

 

Un président transformé en simple aiguilleur du ciel et incapable

Egypte : Le rêve fracassé du Califat.

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Egypte : Le rêve fracassé du Califat.

 

Par René Naba

 

Un an de pouvoir a fracassé le rêve longtemps caressé d’un 4eme Califat, qui aurait eu pour siège l’Egypte, le berceau des «Frères Musulmans»,  devenue de par l’éviction brutale du premier président membre de la confrérie, la tombe de l’islamisme politique.

Le Califat est une supercherie lorsque l’on songe à toutes les bases occidentales disséminées dans les monarchies arabes, faisant du Monde arabe la plus importante concentration militaire atlantiste hors des Etats unis.

 

Dans un contexte de soumission à l’ordre hégémonique israélo-américain, le combat contre la présence militaire atlantiste parait prioritaire à l’instauration d’un califat. Et le califat dans sa version moderne devrait prendre la forme d’une vaste confédération des pays de la ligue arabe avec en additif l’Iran et la Turquie soit 500 millions de personnes, des réserves énergétiques bon marché, une main d’œuvre abondante. En un mot un seuil critique à l’effet de peser sur les relations internationales. Faute d’un tel projet, en présence des bases de l’Otan, le projet de restauration du califat relève d’une supercherie et d’un trafic de religions.

 

I. L’implosion de Morsi

 

L’Egypte, épicentre du Monde arabe, est diverse.  Le premier président néo islamiste démocratiquement élu aurait dû se pénétrer de cette réalité plutôt que de mener une politique sur une base sectaire. Les Frères Musulmans n’ont pas su mettre à profit leur holdup up sur le pouvoir en proposant un projet de dépassement des clivages antérieurs en ce que Morsi n’aurait jamais dû oublier le conflit de légitimité historique qui oppose l’armée aux Frères Musulmans depuis Nasser (1952). Morsi paie aujourd’hui le prix de sa tardive adaptation au principe de réalité et des rapports de force.

 

Le déclic populaire contestataire a été le fait des franges de la société informelle arabe, les Frères Musulmans l’ont subverti du fait de leur discipline et de leurs considérables moyens financiers. Ils devaient tenir compte de la diversité de la population égyptienne et non d’imposer à une population frondeuse une conception rigoriste de la religion.

 

Ployant sous le fardeau de l’inflation et de la pénurie, sans perspective d’avenir, sans la moindre percée politique, à la remorque de la diplomatie islamo atlantiste, dans la crainte de la menace de strangulation que fait peser sur l’Egypte le projet de percement d’un canal rival israélien au Canal de Suez, le Canal Ben Gourion, le peuple égyptien, pour la deuxième fois en trois ans, déjouant tous les pronostics, particulièrement les universitaires cathodiques, a créé la surprise, dégommant des palais nationaux ce président néo islamiste.  Avec le consentement et le soutien actif de l’armée et surtout des plus hautes autorités religieuses musulmanes et chrétiennes du pays.

 

L’Egypte est diverse: Il y a deux siècles sous les Fatimides, elle était chiite. Les Coptes, des arabes chrétiens, est  une population consubstantielle à l’Histoire du pays. L’Histoire tout comme la population s’est constituée par sédimentation. Si de nos jours, la très grande majorité de la population est musulmane sunnite, cela ne suffit pas à faire une politique. Une politique sunnite n’existe pas en elle-même. Elle se fait en fonction du legs national. Il serait insultant au génie de ce peuple de le réduire à une expression basique d‘un islam rigoriste.

 

L’Egypte, c’est le pays de Nasser, d’Oum Kalsoum, mais aussi de Cheikh Imam et de Ahmad Fouad Najm, d’ Ala’a Al Aswani, des personnalités contestataires. Plutôt que de promouvoir une politique de concorde nationale, Mohamad Morsi a pratiqué une politique revancharde. N’est pas Mandela qui veut. Il n’était pas pourtant sorcier de comprendre que seule une politique de rassemblement et non de division avait une chance de réussir.

 

Au risque de déplaire, les tombeurs de Morsi sont d’abord l’Arabie saoudite et les Etats Unis,

samedi 6 juillet 2013

25 vérités sur l’affaire Evo Morales/Edward Snowden

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IRIB-Le cas Edward Snowden a été à l’origine d’un grave incident diplomatique entre la Bolivie et plusieurs pays européens. Suite à l’injonction de Washington, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal ont interdit à l’avion présidentiel d’Evo Morales de survoler leur territoire.

 

1. Après un voyage officiel en Russie pour assister à un sommet des pays producteurs de gaz, le Président Evo Morales a pris son avion pour rentrer en Bolivie.

 

2. Les Etats-Unis, pensant qu’Edward Snowden ex-agent de la CIA et de la NSA – auteur des révélations sur les opérations d’espionnage de son pays – se trouvait à bord de l’avion présidentiel, ont ordonné à quatre pays européens, la France, l’Italie, l’Espagne et le Portugal, d’interdire le survol de leur espace aérien à Evo Morales.

 

3. Paris a immédiatement suivi la directive en provenance de Washington et a annulé l’autorisation de survol de son territoire accordée à la Bolivie le 27 juin 2013, alors que l’avion présidentiel se trouvait à quelques kilomètres à peine des frontières françaises.

 

4. Paris a ainsi mis en danger la vie du Président bolivien, lequel a dû atterrir en urgence en Autriche, faute de carburant.

 

5. Depuis 1945, aucune nation au monde n’a empêché un avion présidentiel de survoler son territoire.

 

6. Paris, en plus de déclencher une crise d’une extrême gravité, a violé le droit international et l’immunité diplomatique absolue dont jouit tout chef d’Etat.

 

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Photo Agência Elfe : Point du presse du président bolivien Evo Morales à l’aéroport de Vienne en Autriche

 

7. Le gouvernement socialiste de François Hollande a gravement porté atteinte au prestige de la nation. La France apparaît aux yeux du monde comme un pays servile et docile qui n’hésite pas un seul instant à obéir aux ordres de Washington, contre ses propres intérêts.

Hosni Moubarak et Mohamed Morsi: la continuité jusque dans la rupture

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Le président égyptien Mohamed Morsi vient d’être renversé par un coup d’état militaire avec, dit-on, le soutien populaire

 

Il est certes vrai que les rues des villes égyptiennes sont depuis plusieurs jours le lieu de manifestations imposantes pour exiger le départ de M. Morsi, l’armée ayant été publiquement appelée à intervenir par les manifestants.

 

Il y a là bien sûr des manipulations évidentes de la part de ceux qui, dans l’armée, souhaitaient mettre un terme au mandat présidentiel.

 

Il y a aussi  une insatisfaction évidente de larges couches de la société mécontentes de la situation sociale et économique, mais aussi des penchants sectaires du gouvernement des Frères Musulmans. Parmi ces mécontents, il faut évidemment compter la masse des Coptes, ces chrétiens autochtones qui tendent à se sentir mis à l’écart de la vie publique et visés par des discours d’exclusion. Les affirmations de la fraternité islamo-chrétienne ou tout simplement égyptienne ont de fait été nombreuses ces derniers jours.

 

Il faut cependant reconnaître que le gouvernement de Mohamed Morsi n’est en rien l’initiateur de cette approche de cette minorité religieuse. Sur ce point comme sur d’autres, le gouvernement des Frères Musulmans est dans la continuité du régime précédent.

 

Cette continuité s’observe par exemple dans son attitude vis-à-vis de la bande de Gaza. En effet, alors que tout le monde s’attendait, y compris une bonne partie de son électorat, à ce que l’Egypte cesse de collaborer avec le régime sioniste au siège de Gaza, il n’en a rien été. Au contraire, puisque les autorités égyptiennes ont déployé un zèle sans précédent pour neutraliser les fameux tunnels qui relient Gaza à l’Egypte et servent à acheminer toutes sortes de marchandises.

 

De la même manière, le gouvernement de la confrérie a accepté de respecter les accords de paix qui lient l’Egypte à l’entité sioniste,

Ils ont trouvé une grotte si vaste qu’elle contient une forêt et un fleuve!

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Dans cette grotte, il y a un fleuve de 2,5 km de long!

 

Terre – Grotte : En 2010, le National Geographic a filmé l’intérieur d’une grotte trouvée au Viêt Nam en 2009.

 

Han Son Doong fait partie du parc national de Phong Nha-K Bàng, près de la frontière avec le Laos. Elle est actuellement considérée comme la plus vaste galerie souterraine au monde. On pourrait y édifier tout un quartier d’immeubles de quarante étages.

 

C’est l’une des vingt nouvelles grottes découvertes au Viêt Nam ces dernières années. Elle fait partie d’un réseau de quelque 150 grottes dans la cordillère annamitique. Une rivière souterraine l’a creusée voilà deux à cinq millions d’années. (src).

 

Magnifique, je vous propose 45 minutes d’images splendides ….

Cliquer sur l’icône ‘sous-titres’ en bas à droite, traduire les sous-titres, choisir français, ok. Voilà !

 

National Geographic - The world's biggest cave 2010 HDTV 720p

 

Merci à Sophie et à toutes les personnes qui se sont investies dans un commentaire afin que les lecteurs puissent comprendre mieux encore cette merveilleuse vidéo! Merci à toutes et tous! #smouckettes

 

http://www.humanosphere.info

Soutien au Sheikh Salaheddine – Imam de la Mosquée Al-Aksa – Jérusalem (article /vidéos)

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INHFR – Le Sheikh Salaheddine ibn Ibrahim Abou Arafa est un érudit musulman d’obédience sunnite spécialisé en Jurisprudence Islamique, enseignant du Coran et de la Sunnah du Prophète, alaihi salat wa salam, au sein de la Mosquée Sainte Al Aksaa de Jérusalem.

 

Cet érudit est également connu pour avoir dénoncé et prouvé les égarements de Youssef Al Qaradawi, président de l’Union Internationale des Savants Musulmans et membre de la confrérie des frères musulmans, dans ses appels à l’assassinat de tout individu, même musulman, qui s’opposerait à la révolution Syrienne, qu’il soit civil, militaire, ignorant ou imam !

 

Dernièrement, au sein même de la Mosquée Sainte d’Al Aksaa, l’un des trois lieux saints majeurs de l’Islam, un groupe composé de Hizb Tahrir et ses représentants, ainsi que des partisans des Frères Musulmans et des salafistes, y ont fait éruption, en appelant les musulmans à faire le Jihad en Syrie, clamant la grandeur du prédicateur qui a autorisé ce Jihad, insinuant Youssef Al Qaradawi, et diffamant violemment le Sheikh Salahdine, en usant par manipulation de Takfir à son égard, avant de lui déclarer, avec virulence, l’interdiction désormais d’enseigner le Coran et la Sunnah dans la Mosquée Sainte ! (vidéo en fin d’article)

 

Le meneur de ce groupe (Rafat Najib de Hizb Tahrir) a ainsi tenté cette manipulation, par usage de Takfir, en accusant le Sheikh Salaheddine de ne pas appliquer la prière ni le jeune des musulmans, lui jetant ainsi opprobre et l’accusant de griefs aussi graves, alors que ce dernier est Imam de la Mosquée Al Aksaa où il dirige les prières et y enseigne le Coran, depuis plusieurs années.

 

Le Messager que la paix et les salutations d’Allah soient sur lui a dit :

"Le musulman qui prie notre prière, se tourne vers notre Qibla et consomme de notre sacrifice rituel, est celui-là même (le musulman) dont la vie est sous la garantie d’Allah.

Ne trahissez pas Allah dans ses protégés!"

Rapporté par Anas Ibn Malek – Sahih Bokhari – p 391

 

Ce groupe de Takfiris, exactement le type de groupe contre lequel le Prophète Muhammad – Paix et Salutations sur lui – a mis en garde les musulmans,  il y a plus de  1400 ans, ont agit comme l’ont toujours fait leurs prédécesseurs, à savoir, avoir recours à la tromperie, au mensonge, à la calomnie et à la diffamation, pour essayer d’éteindre le message de l’Islam, et faire taire ceux qui tentent de le diffuser au mieux par la grâce d’Allah le Tout Puissant.

 

Suite à cet évènement, le Sheikh Salaheddine ibn IBrahim abou Arafa a tenu à réagir, non pas avec passion et colère comme ses agresseurs, mais bien par la sagesse, comme à son habitude, et par l’entremise d’une lettre rédigée à l’attention de l’ensemble de la communauté musulmane.

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