mercredi 27 mars 2013

Les chiffres invraisemblables sur la destruction programmée de l’Irak

Dirk Adriaensens, Marc Vandepitte

 

L’invasion de l’Irak, il y a dix ans, a provoqué la plus grave crise humanitaire dans le monde. Comme on l’avait annoncé, le pays a été systématiquement détruit. La brutale réalité dépasse tout ce qu'il est possible d'imaginer. Ce qui suit ne s’adresse pas aux lecteurs sensibles.

 

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“Le chemin vers Jérusalem passe par Bagdad.”

Henry Kissinger

 

Morts, disparus, réfugiés

 

Selon l’UNESCO, entre 1991 et 2003, un million d’Irakiens, dont la moitié étaient des enfants, ont perdu la vie suite aux sanctions économiques imposées au pays.[1] Cela n’était que le prélude. Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, 1,5 million d’Irakiens de plus ont été tués.[2]

 

Le nombre de personnes disparues est actuellement estimé entre 250.000 et plus d’un million. Pour les seules familles expatriées, presque 100.000 enfants sont portés disparus.[3]

 

L’invasion et l’occupation qui a suivi ont été à l’origine d’une des plus grandes migrations de peuples provoquée par un conflit dans l’histoire du Moyen-Orient.[4] Un rapport des NU datant de 2008 rapportait 2,8 millions de personnes déplacées à l’intérieur de l’Irak.[5] La Croix Rouge irakienne rapportait, en juillet 2007, qu’au moins 2,5 millions d’Irakiens avait fui à l’étranger.[6] Au total, il s’agissait donc de 5,3 millions de réfugiés[7] sur une population de 31 millions, soit une personne sur six.[8] Parmi ces réfugiés en Irak, 80% sont des femmes et des enfants de moins de 12 ans.[9]

 

Entre l’invasion étasunienne en mars 2003 et mars 2013, jusqu’à 1,5 million d’Irakiens ont été tués. Un irakien sur six est en fuite.

 

Terrorisme, torture, détention, traumatismes…

 

Pendant des années, l'Irak fut le pays le plus violent et le moins sûr du monde.[10] En 2011, il fut rattrapé par la Somalie… Etant donné les multiples attentats à la bombe et la violence religieuse des diverses milices, c’est un endroit plus dangereux que l’Afghanistan.[11] Plus d’une victime sur trois du terrorisme mondial est un Irakien.[12]

 

Ces dix dernières années, plusieurs dizaines de milliers d’Irakiens ont été emprisonnés sans aucune forme d’inculpation ou de procès, dans des prisons officielles ou secrètes (aussi bien irakiennes qu’étasuniennes).[13]

 

“Tu as vu ce qui s’est passé en Afghanistan : les gens se promenaient dans les rues ! Et ils étaient joyeux. Ils avaient des ballons. Ils faisaient de la musique.

Et ils accueillaient les Etats-Unis.

Car tout le monde sait que les Etats-Unis ne veulent pas occuper l’Irak. »

Donald Rumsfeld, à l’époque ministre de la Défense, 4 décembre 2002[14]

 

Entre 2005 et 2008, 50 à 180 corps humains ont chaque jour été jetés dans les rues de Bagdad, portant pour la plupart d'affreuses traces de torture.[15] On sait que la force d’occupation a formé, entraîné, armé et déployé des escadrons de la mort[16] responsables de ces assassinats. Il y a un lien direct entre les centres de torture et le Pentagone.[17]

 

Être journaliste dans ce pays entre deux fleuves n’est pas une sinécure.

Irak, dix ans... Un peuple millénaire assassiné

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Capture d'écran du portfolio sonore réalisé par le Guardian.

 

Irak : Dix Ans…

 

"Partout, dès les quais du port jusqu'au village le plus reculé, dans les rues et au prétoire, l'offense régnait impunie, la misère, la délation, l'humiliation, le mensonge arrogant, le sadisme à peine déguisé. Un peuple et sa culture, objets des pires manœuvres ."

Jean-François Lyotard  (*)

   

 

Dix ans…

 

Le 20 mars 2003 débutait la destruction et l’invasion de l’Irak.

 

Il n’y aura pas de commémoration. Encore moins : débats et remises en cause.

 

Nos médias, politiciens, si friands d’anniversaires, s’efforceront à la discrétion. Eux dont l’obsession du culte des "souvenirs", encensant autosatisfaction, mégalomanie, ou abrutissement, n’a d’égale que celle de l’oubli des faits pouvant ternir leur "Bonne Conscience".

 

C’est ainsi que l’on forge des sociétés amnésiques, analphabètes de l’Histoire, de l’évolution de notre planète. De ses peuples, nations, rapports de force, déclins et renaissances. Qui, un jour, inévitablement, se trouvent, hébétées, tétanisées, écrasées, face à l’irruption impitoyable de ce qu’elles souhaitaient oublier, cacher, nier.

 

Silence. Dans les rangs des oligarques occidentaux. Alignés sur les injonctions de leur suzerain.

 

Le plus éclatant exemple venant de Grande-Bretagne. Par instruction écrite adressée aux membres du gouvernement, le ministre des affaires étrangères britannique, William Hague, modèle de cynisme contemporain, vient d’imposer l’obligation de ne pas mentionner la guerre d’Irak, à l’occasion de ces dix ans (1) :

« Don’t mention the Iraq War…»

 

Ce fut, il est vrai, une des plus abjectes folies de violence collectives commises par les nomenklaturas occidentales. Car, malgré une colossale propagande, les opinions publiques étaient contre ce délire sanguinaire et colonial. Le peuple britannique, un de ceux qui se sont le plus mobilisés contre cette guerre, dont il savait les prétextes non fondés, illégaux et mensongers, dans des manifestations groupant des millions de personnes.

 

Illustrant, ainsi, le complet mépris des castes au pouvoir,

lundi 25 mars 2013

L’OTAN n’amène que la destruction, la pauvreté, l’insécurité et la misère. Elle doit être abolie

Silvia Cattori et Mahdi Darius Nazemroaya

Mondialisation.ca

silviacattori.net

 

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Apprécié pour la rigueur et la justesse de ses analyses le sociologue canadien Mahdi Darius Nazemroaya (*), 30 ans, s’est imposé comme un des meilleurs connaisseurs de l’OTAN. Ses investigations, traduites en de nombreuses langues, ont acquis une audience internationale et son ouvrage « The globalisation of NATO » [« La mondialisation de l’OTAN »] fait aujourd’hui référence. En 400 pages denses, fascinantes, préoccupantes, il nous fait prendre la mesure de la menace que l’OTAN fait peser sur la paix du monde et l’avenir de nombreux peuples. Il nous fait également prendre conscience de l’urgence qu’il y aurait à obtenir la dissolution de cette dangereuse organisation.

 

Silvia Cattori : Dans votre remarquable ouvrage vous mettez en lumière les stratégies mises en place par l’OTAN pour étendre son emprise militaire dans le monde. J’aimerais vous demander ce qui vous a motivé à consacrer tant d’énergie à un sujet aussi ardu et exigeant. Comment en êtes-vous venu à considérer que l’analyse du rôle de l’OTAN et des stratégies qu’elle a mises en place était une tâche absolument essentielle ?

 

Mahdi Darius Nazemroaya : Les graines de ce livre ont été semées en 2007. J’avais alors rédigé un petit manuscrit mettant en relation les guerres en Afghanistan et en Irak (qui avaient fait suite aux tragiques évènements du 11 septembre 2001) avec l’expansion de l’OTAN, le projet de bouclier antimissiles états-unien – que je décrivais comme s’étant finalement couvert du manteau d’un projet de l’OTAN, – et le concept de ce que les néoconservateurs et leurs alliés sionistes appellent « destruction créative » pour redessiner la restructuration des pays du Moyen-Orient, et l’encerclement aussi bien de la Chine que de la Russie.

 

J’ai toujours considéré que tous les évènements négatifs auxquels le monde est confronté étaient les éléments d’un ensemble ; ou de ce que le savant et révolutionnaire hongrois György Lukács a appelé « totalité fragmentée ». Les guerres en « série », l’accroissement des lois de sécurité, la guerre contre le terrorisme, les réformes économiques néolibérales, les « révolutions colorées » dans l’espace post-soviétique, la diabolisation de différentes sociétés par les médias, l’élargissement de l’OTAN et de l’Union Européenne, et les fausses accusations au sujet d’un programme d’armement nucléaire iranien font partie d’un tout. Un de mes articles publié en 2007 [1], posait également les principales bases de cette feuille de route et reliait tous les éléments de la guerre perpétuelle à laquelle nous assistons.

 

J’ai écrit ce livre parce que je pensais que c’était un sujet très important. J’ai lu la plupart des textes de l’abondante littérature concernant l’OTAN et aucun n’examine l’OTAN dans la perspective critique où je me place.

dimanche 24 mars 2013

UN MONUMENT D'HYPOCRISIE

 M. Saadoune

 

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Al-Qaradhaoui est le préposé aux fatwas de la chaîne Al-Jazeera et il en dispense sans compter… à la demande de l'employeur.

 

Celui qui paie les musiciens choisit la musique, le reste n'est qu'affaire de détails. Al-Qaradhaoui aura ainsi fait le tour complet d'opposant présumé à celui de serviteur zélé de la politique du Qatar… L'émirat qui s'est offert Al-Jazeera, des équipes de football, qui achète l'organisation de la Coupe du monde pouvait bien s'offrir un prêcheur.

 

Il y a bien longtemps qu'on ne se fait pas d'illusions sur l'éthique des marchands de fatwas.

 

Mais l'imam d'Al-Jazeera n'a même pas eu la pudeur de se taire au sujet de l'attentat kamikaze dans lequel le cheikh Ramadhan Saïd Al-Bouti a été tué avec 49 autres Syriens.

 

Son prêche du vendredi où il a parlé de Ramadhan Al-Bouti restera dans les annales comme un monument d'hypocrisie ou l'illustration de la dégénérescence morale de ceux supposés éclairer les croyants.

 

L'imam de Doha a fait une plongée dans l'infamie par un prêche véritablement odieux. Pendant les trois quarts du temps, l'éloge funèbre a été un réquisitoire. Ainsi Al-Bouti, «son ami», a continué «jusqu'à la dernière minute» à soutenir le régime, il s'est mis en opposition avec les «oulémas syriens», il a refusé de quitter le pays, il a appelé à soutenir le pouvoir

 

Al-Qaradhaoui, dans son authenticité de marchand de fatwas ad hoc de la chaîne «révolutionnaire»,

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