dimanche 30 décembre 2012

Vœux 2013, We Shall Never Surrender

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Banksy – Flower thrower

 

Responsabilité et traçabilité

 

Le phénomène a pris une ampleur telle qu’une mise au point s’impose afin d’y mettre fin, à tout le moins à prévenir de plus graves dérives.

 

La fonction d’un journaliste n’est pas de détruire une personne, mais de corriger ses erreurs. De déconstruire le processus de construction d’un intellectuel médiatique et la légitimation de sa fonction déclamatoire. De faire acte de salubrité publique en ce qu’un faiseur d’opinion est tenu à des obligations de responsabilité et de traçabilité, un système de sauvegarde instauré depuis l’épizootie de la maladie de Creutzfeld-Jacob, la maladie dite de la «vache folle».

 

Un pilote qui fait une erreur de pilotage paie de sa vie son erreur. Un chirurgien qui commet une faute professionnel en répond devant le conseil de l’ordre. Un spécialiste qui se trompe lourdement sur l’objet même de sa spécialité cesse de l’être. Pourquoi donc le journalisme serait-il soustrait à la critique et à la sanction? En vertu de quelle légitimité surnaturelle, les membres de cette corporation feraient-ils exception?

 

L’auteur de cet texte n’a pas pour habitude de piétiner un homme à terre, ni de tirer sur une ambulance, mais d’exercer sa fonction critique à l’égard des détenteurs d’un pouvoir qu’il soit politique ou médiatique, convaincu des vertus du débat contradictoire, tant il est vrai qu’un faiseur d’opinion ne saurait se permettre de jeter des anathèmes du haut d’une tribune médiatique, sans s’exposer à la critique aussi bien de ses idées que de son comportement que de son parcours. Une fonction critique et non vindicative.

 

La déontologie le commande. Le libre exercice de l’esprit critique est un des fondements de la démocratie et le principe de l’égalité des armes dans un débat, un impératif de survie de la démocratie.

 

Dans cet ordre d’idées, la fonction d’un bi national n’est pas d’être le porte-voix de son pays d’accueil, ni son porte-serviette, mais d’assumer avec vigueur la fonction d’interface exigeant et critique, un garde-fou à des débordements préjudiciables du pays d’origine et du pays d’accueil.

 

Dans l’intérêt bien compris des deux camps, le partenariat binational se doit de se faire, sur un pied d’égalité et non sur un rapport de subordination de l’ancien colonisé, le faisant apparaître comme le supplétif de son ancien colonisateur. De la même manière,

Pour qui sonne le glas en Syrie ?

En 2013, la tragédie géopolitique numéro un sera sûrement la même que celle de 2012 : le viol de la Syrie.

Pepe Escobar

 

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De la même manière que je relis de temps en temps mes passages préférés d'Hemingway, ces derniers temps j'ai re-visionné quelques images du souk d'Alep - le plus extraordinaire de tous les souks du Moyen-Orient - que j'ai tournées il y a des années. C'est comme si on m'avait tiré dans le dos ; j'adorais autant son architecture que ses gens et ses commerçants. Il y a des semaines, la majeure partie de ce souk - le poumon d'Alep pendant des siècles - a été incendiée et détruite par les « rebelles » de la soi-disant Armée Syrienne Libre (ASL).

 

Dans cette tragédie syrienne, il n'y a pas de jeune héro comme dans Hemingway, pas de Robert Jordan dans les Brigades Internationales qui combattaient aux côtés des guérilléros républicains contre les fascistes durant la Guerre Civile espagnole. Dans la guerre civile syrienne, les brigades internationales sont essentiellement constituées de mercenaires salafistes-djihadistes, adeptes de la décapitation et des attentats-suicides à la voiture piégée. Et les (quelques) jeunes Américains sur place sont essentiellement des agents high-tech dans une partie jouée par le club rapace OTANCCG (l'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord et ses marionnettes arabes du Conseil de Coopération du Golf).

 

La tragédie continue. L'Etat syrien et son appareil politique et de sécurité militaire maintiendront leurs minis blitzkriegs - sans le moindre état d'âme pour les « dommages collatéraux ». Dans le camp opposé, les chefs « rebelles » parieront sur un nouveau Conseil Militaire Suprême encouragé par les Saoudiens et les Qataris.

 

Les Salafistes et les Salafistes-Djihadistes du Front al-Nousra - des fanatiques du VIIe siècle, fervents de la décapitation et des attentats suicides, qui effectuent l'essentiel des combats - n'étaient pas invités. Après tout, le Front al-Nousra a été qualifié d' « organisation terroriste » par Washington.

 

A présent, examinez la réaction d'une grosse légume des Frères Musulmans, le contrôleur des finances adjoint Mohammed Farouk Tayfour, originaire de Hama ; il a dit que cette décision était « trop précipitée ». Et examinez la réaction du nouveau dirigeant de l'opposition syrienne, Ahmed Moaz al-Khatib, lors d'une réunion des « Amis de la Syrie » au Maroc : cette décision doit être « réexaminée ». Pratiquement tous les groupes « rebelles » ont déclaré publiquement leur amour inconditionnel pour le noyau dur al-Nousra.

 

Donc,

vendredi 28 décembre 2012

Algérie-France. À en crever de jalousie

Djamel LABIDI

 

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Le Jeudi 20 Décembre 2012, lorsqu’il prononce son discours devant le parlement algérien, le président François Hollande évite soigneusement certaines expressions ou ne prononce pas certains mots, qui pourtant figuraient, au départ, dans le texte écrit de son allocution. Quelle signification cela peut-il avoir ?

Djamel LABIDI

 

Le Jeudi 20 Décembre 2012, lorsqu’il prononce son discours devant le parlement algérien, le président François Hollande évite soigneusement certaines expressions ou ne prononce pas certains mots, qui pourtant figuraient, au départ, dans le texte écrit de son allocution. Quelle signification cela peut-il avoir ?

 

Une phrase semble essentielle à tous, et marquer un tournant dans le discours officiel français, lorsque le président de la République française déclare: « pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal » (..), « ce système a un nom, c’est la colonisation ». Mais l’expression « colonisation française » est soigneusement évitée, le président français parle d’un système, le système colonial comme s’il était une fatalité historique, qui ne concerne pas spécialement la France, mais toute une époque. Ceci permet d’atténuer la responsabilité française. Les mêmes hésitations transparaissent dans ces mots qui figurent dans le texte écrit du discours mais qui ne sont pas prononcés par le président français, comme le mot « destructeur » à propos du système colonial, ou cette phrase:  » rien ne peut justifier les agressions commises contre la population algérienne, la négation de son identité et son aspiration à vivre libre ».(1) Ces omissions parlent d’elles mêmes. Ce mot et cette phrase seront d’ailleurs définitivement supprimés de la version officielle mise en ligne sur le site de la présidence de la République française.

 

Mais ne faisons pas la fine bouche. Pour paraphraser Neil Armstrong débarquant sur la Lune, c’est un petit pas pour l’Etat français mais un grand pas pour la France. Et dans ce sens, on peut même comprendre le souci légitime du Président français de distinguer entre l’Etat français d’une part et le peuple français et ses valeurs d’autre part, ce qu’a toujours fait aussi la révolution nationale algérienne. On a donc tout lieu d’apprécier ce pas en avant et d’en être sincèrement heureux. Non pas pour nous au fond, car nous n’apprenons là rien de nouveau sur la nature du colonialisme. La victoire sur le colonialisme a non seulement libéré notre pays, mais elle nous a libéré nous mêmes de tout ressentiment, tout en nous rendant disponible à une vraie amitié avec la nation française, comme avec toutes les autres nations. Mais contents surtout pour le peuple français, car c’est un pas en avant pour lui, pour libérer la France des démons de la nostalgie coloniale, de la discrimination et du racisme qui continuent de hanter son pays, jusqu’à faire des Arabes, des Africains qui vivent en France de nouveaux « indigènes »

 

Mais voilà que l’Etat Français ressurgit dans le discours du président François Hollande. Il a voulu terminer son allocution sur le Mali et la crise du Sahel, sur « la détermination » à montrer à ce sujet. Et là, il gâche tout.

Les soldats israéliens ont enlevés 900 enfants en 2012

La grandiose armée de «défense» israélienne enlève des moutons, arrête des bergers, zigouille des pêcheurs, déracine des oliveraies et… kidnappe des enfants. 900 cette année, en net progrès par rapport à l'année précédente.

Saed Bannoura

 

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Le ministère palestinien des détenus a indiqué que cette année a connu une forte augmentation des violations israéliennes contre les enfants palestiniens, et a déclaré que les soldats israéliens ont kidnappés cette année 900 enfants palestiniens. En comparaison, l'an dernier 700 enfants avaient été "arrêtés".

 

Le ministère a déclaré que suite à la dernière agression contre Gaza, et la mise à jour du statut de la Palestine à l'ONU, les soldats israéliens ont intensifié leurs attaques contre les jeunes palestiniens et en particulier les enfants palestiniens.

 

95% des enfants enlevés ont été battus et maltraités lors de leur arrestation. La plupart des enfants ont été enlevés à leur domicile entre 2 et 4 heures du matin ou à l'aube. Lors des violentes perquisitions, l'armée de "défense" israélienne a saccagé les appartements sans ménagement ni retenue, portes brisées, mobilier et biens détruit.

 

Les enfants ont été menottés et les yeux bandés, et les soldats ont violemment terrorisé et insulté leurs parents qui ont essayé de les défendre et d'empêcher leur arrestation. Les soldats ont ensuite enlevé les enfants pour des destinations inconnues, sans aucun mandat.

 

"La plupart des enfants enlevés ont été torturés et maltraités lors de leur arrestation, les soldats les auraient battu avec leurs armes et leurs bottes, et parfois à coups de matraque, outre les insultes et les malédictions. Dans de nombreux cas, les soldats ont tiré à balles réelles et utilisé des munitions lacrymogènes et des grenades assourdissantes ", a indiqué le ministère.

 

Les enfants détenus sont également battus pendant leur transport vers les centres de détention et d'interrogatoire,

Une intervention humanitaire en Syrie, il y a 150 ans

Pascal Herren

Une intervention humanitaire en Syrie ? Le prétexte humanitaire avait déjà été invoqué, en 1860… et par la France, pour intervenir militairement en Syrie, alors province ottomane. L’universitaire genevois Pascal Herren passe en revue dans cet article les véritables intentions de la France de Napoléon III, tout aussi peu avouables que celles de la France sarkozienne ou hollandiste. Il en rappelle aussi les conséquences, néfastes, qu’eurent à subir les populations de la région.

Réseau Voltaire | Genève (Suisse)

 

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Le 16 aout 1860, un corps expéditionnaire français débarque à Beyrouth. D’après Napoléon III, les militaires français allaient « rétablir l’ordre » en Syrie, alors province ottomane. Citée aujourd’hui comme « la première manifestation du droit d’ingérence à but humanitaire », cette intervention militaire servit en fait à accentuer l’emprise économique de la France sur la région.

 

Une intervention humanitaire en Syrie est régulièrement évoquée pour mettre fin aux souffrances qu’endure depuis 2011 la population prise dans les combats entre le régime et l’opposition armée.

 

Des combats dont on attribue la responsabilité principale – à tort ou à raison – à la partie gouvernementale.

 

Cette action de secours passerait donc par le renversement du régime en place. Elle aurait même déjà commencé à être mise en œuvre depuis plusieurs mois, sous une forme indirecte, avec l’armement des insurgés ainsi que l’envoi sur le terrain d’agents et de groupes de combattants étrangers.

 

Or faire usage de la force sur le territoire d’un pays étranger, sans le consentement des autorités établies, contrevient au principe de la souveraineté des Etats ancré dans la Charte de l’ONU. L’emploi de la force entre Etats est prohibé à l’exception du cas de la légitime défense ou de l’action collective décidée par le Conseil de sécurité de l’ONU.

 

La Cour internationale de justice a condamné en 1986 le soutien militaire offert par l’administration Reagan aux insurgés nicaraguayens des Contras qui luttaient pour renverser le pouvoir sandiniste. La Cour avait même précisé qu’un tel soutien n’était pas approprié pour assurer le respect des droits de l’homme alors que Washington accusait le régime d’avoir commis des atrocités.

L’ASL continue de briller comme une étoile morte

Thierry Meyssan

Alors que la presse française annonce plus que jamais la « chute imminente » de la Syrie et la « fuite de Bachar el-Assad », la réalité sur le terrain s’est complètement retournée. Si le chaos s’est étendu sur la plus grande partie du territoire, les « zones libérées » ont fondu comme neige au soleil. Privée de points d’ancrage, l’ASL n’a plus aucune perspective devant elle, tandis que Washington et Moscou se préparent à sonner la fin de la partie.

Réseau Voltaire | Téhéran (Iran) 

 

 

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Le compte à rebours est commencé.

 

Dès que la nouvelle administration Obama sera confirmée par le Sénat, elle présentera un plan de paix pour la Syrie au Conseil de sécurité.

 

Juridiquement, bien que le président Obama se succède à lui-même, son ancienne administration n’est habilitée qu’à expédier les affaires courantes et ne peut prendre d’initiative majeure. Politiquement, Barack Obama n’avait pas réagi lorsque, en pleine campagne électorale, certains de ses collaborateurs avaient fait échouer l’accord de Genève.

 

Mais il a procédé au grand nettoyage dès l’annonce de sa réélection. Comme prévu, le général David Petraeus, architecte de la guerre en Syrie, est tombé dans le piège qui lui a été tendu et a été contraint à la démission. Comme prévu, les patrons de l’OTAN et du Bouclier antimissile, réfractaires à un accord avec la Russie, ont été mis sous enquête pour corruption et contraints au silence. Comme prévu la secrétaire d’État Hillary Clinton a été mise hors jeu. Seule la méthode choisie pour l’éliminer a surpris : un grave accident de santé qui l’a plongée dans le coma.

 

Côté ONU, les choses ont avancé. Le département des opérations de maintien de la paix a signé un Protocole avec l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) en septembre. Il a supervisé en octobre au Kazakhstan des manœuvres de l’OTSC simulant un déploiement de « chapkas bleues » en Syrie.

 

En décembre,

Une solution négociée en Syrie signerait l’échec stratégique d’Erdogan

L’actuelle mission de Lakhdar Brahimi à Damas, avant un déplacement à Moscou, où il rejoindra peut-être le vice ministre syrien des affaires étrangères syrien serait un signe fort, selon le journaliste turc Semih Idiz, qu’une solution négociée à la crise syrienne serait en vue.

 

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Semih Idiz

 

Selon Semih Idiz, les gouvernements russe et américain seraient tombés d’accord sur une formule de transition sous la direction de l’actuel chef de l’Etat dans le cadre d’un gouvernement d’union nationale.

 

Tous les obstacles ne sont cependant pas levés, que ce soient ceux que représentent les irrédentistes qui ne rêvent que de prendre le pouvoir par la force et de pendre haut et court Bachar al Assad ou celui que représente le positionnement de la Turquie.

 

Semih Idiz exhorte donc son gouvernement à abandonner sa vision idéologique pour adopter une position pragmatique en phase avec les choix des grandes puissances puisque son pays n’est plus au cœur du jeu diplomatique et n’est pas loin de devenir un partenaire encombrant pour les Etats Unis.

 

Si le scénario envisagé par Semih Idiz se concrétise, ce serait un grave échec pour la diplomatie de la Turquie qui pourrait être le dindon de la farce.

 

En effet, après avoir incité et aidé à ravager la Syrie, la Turquie se retrouverait avec un voisin devenu hostile (et il n’y a aucune raison de penser qu’une bonne partie de l’opposition actuelle au régime syrien ne restera pas ou ne deviendra pas hostile à une Turquie qui aura montré son impuissance) après s’être brouillée avec ses voisins irakien et iranien.

 

Au passage, les Américains ont manœuvré subtilement pour que le gouvernement turc implore la mise en place de batteries antimissiles Patriot qui, sil elles auraient été d’un intérêt limité en cas de conflit ouvert avec la Syrie, seront par contre un atout important pour tout conflit armé d’ampleur qui opposerait les Etats Unis et/ou le régime sioniste à l’Iran.

 

La Turquie d’Erdogan rêvait de jouer dans la cour des grands, le dénouement de la crise syrienne lui rappellera peut-être son statut de simple pion pour Washington.

 

La Turquie ne doit pas devenir une force obstructive en Syrie

 

Par Semih Idiz, Hürriyet (Turquie) 27 décembre 2012

traduit de l’anglais par Djazaïri

 

Quand on examine les dernières tentatives pour une solution à la crise syrienne, il est évident que la mission actuellement effectuée par Lakhdar Brahimi, l’émissaire conjoint de l’ONU et de la Ligue Arabe pour la Syrie, ne peut, de par sa nature même, être du goût d’Ankara. En fait, des sources au ministère des affaires étrangères en on fait savoir assez par des fuites dans la presse pour corroborer cette idée.

mercredi 26 décembre 2012

« Banques contre Peuples : les dessous d’un match truqué ! » (2e partie)

Eric Toussaint

 

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La BCE et la Fed au service des grandes banques privées

Eric Toussaint[2]

 

L’action de la Banque centrale européenne et de la Fed[3]

 

A partir de juin 2011, les banques européennes sont entrées dans une phase tout à fait critique. Leur situation était presque aussi grave qu’après la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008. Beaucoup d’entre elles ont été menacées d’asphyxie parce que leurs besoins massifs de financement à court terme (quelques centaines de milliards de dollars) n’ont plus été satisfaits par les money market funds américains qui ont considéré que la situation des banques européennes était décidément de plus en plus risquée[4].

 

Les banques ont été confrontées à la menace de ne pas pouvoir faire face à leurs dettes. C’est alors que la BCE, suite à un sommet européen réuni d’urgence le 21 juillet 2011 pour faire face à une possible série de faillites bancaires, a recommencé à leur acheter massivement des titres de la dette publique grecque, portugaise, irlandaise, italienne et espagnole afin de leur apporter des liquidités et de les délester d’une partie des titres qu’elles avaient goulument achetés dans la période précédente.

 

Cela n’a pas suffi, les cours en bourse des actions des banques ont poursuivi leur dégringolade. Les patrons de banque ont passé un mois d’août de tous les dangers. Ce qui a été décisif pour maintenir à flot les banques européennes, c’est l’ouverture à partir de septembre 2011 d’une ligne de crédit illimité par la BCE en concertation avec la Fed, la banque d’Angleterre et la Banque de Suisse : les banques en manque de dollars et d’euros ont été mises sous perfusion.

 

Elles ont commencé à respirer de nouveau mais c’était insuffisant. Le cours de leur action continuait la descente aux enfers. Entre le 1er janvier et le 21 octobre 2011, l’action de la Société générale a chuté de 52,8 %, celle de BNP Paribas de 33,3 %, celle de la Deutsche Bank de 28,8 %, celle de Barclays de 30,5 %, celle du Crédit suisse de 36,7 %. Il a alors fallu que la BCE sorte son bazooka, appelé LTRO (Long Term Refinancing Operation) : entre décembre 2011 et février 2012, elle a prêté plus de 1000 milliards d’euros pour une durée de 3 ans au taux d’intérêt de 1% à un peu plus de 800 banques.

 

La Fed faisait grosso modo de même depuis 2008 à un taux officiel encore plus bas : 0,25%. En réalité,

Banques contre Peuples : les dessous d’un match truqué ! (1ère partie)

Eric Toussaint

 

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2007-2012 : 6 années qui ébranlèrent les banques

 

Depuis 2007-2008, les grandes banques centrales (BCE, Banque d’Angleterre, Fed aux Etats-Unis, Banque de Suisse) donnent la priorité absolue à tenter d’éviter un effondrement du système bancaire privé. Contrairement au discours dominant, le risque principal qui menace les banques n’est pas la suspension du paiement de la dette souveraine |1| par un Etat. Aucune des faillites bancaires depuis 2007 n’a été provoquée par un tel défaut de paiement. Aucun des sauvetages bancaires organisés par les Etats n’a été rendu nécessaire par une suspension de paiement de la part d’un Etat surendetté. Ce qui menace les banques depuis 2007, c’est le montage de dettes privées qu’elles ont progressivement construit depuis la grande dérèglementation qui a commencé à la fin des années 1970 et qui s’est achevée au cours des années 1990.

 

Les bilans des banques privées sont toujours bourrés d’actifs |2| douteux : cela va d’actifs carrément toxiques qui constituent de véritables bombes à retardement à des actifs non liquides (c’est-à-dire qui ne peuvent pas être revendus, écoulés, sur les marchés financiers) en passant par des actifs dont la valeur est tout à fait surfaite dans les bilans bancaires. Les ventes et les dépréciations d’actifs que les banques ont jusqu’ici enregistrées dans leurs comptes afin de réduire le poids de ces actifs explosifs ne suffisent pas. Un nombre significatif d’entre elles dépendent d’un financement à court terme (fournis ou garantis par les pouvoirs publics avec l’argent des contribuables) pour se maintenir à flot |3| et pour faire face à des dettes elles-mêmes à court terme. C’est ce qui a mis la banque franco-belge Dexia, véritable hedge fund de très grande taille, trois fois au bord de la faillite en 4 ans : octobre 2008, octobre 2011 |4| et octobre 2012 |5|.

 

Au cours de l’épisode le plus récent, début novembre 2012, les Etats français et belges ont apporté une aide de 5,5 milliards d’euros (dont 53 % à la charge de la Belgique) pour recapitaliser Dexia SA, société financière moribonde, dont les fonds propres ont fondu. Selon Le Soir : « Les capitaux propres de Dexia maison-mère sont passés de 19,2 milliards à 2,7 milliards d’euros entre fin 2010 et fin 2011. Et au niveau du groupe, les fonds propres totaux sont devenus négatifs (-2,3 milliards d’euros au 30 juin 2012) » |6|. Fin 2011,

La Syrie saignée à blanc dans un grand tour de passe-passe (Palestine Chronicle)

Jeremy Salt

 

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Ankara - Selon le dictionnaire, le mot "politicide" peut être utilisé pour décrire la destruction d’un gouvernement ou d’un groupe socio-politique spécifique, comme les Palestiniens, dans un sens plus large que "génocide" (perpétré pour des motifs ethniques, raciaux ou culturels, ndt). On peut l’appliquer à un état, un système et un pays. Saddam Hussein a tenté de commettre un politicide en effaçant le Koweït de la carte. Dans les années 1930, les fascistes ont commis un politicide en détruisant le gouvernement espagnol. Territorialement le pays n’a pas changé. Il a simplement été vidé de son contenu idéologique et transformé en autre chose.

 

La destruction de gouvernements, leaders ou valeurs qui contrecarrent les intérêts de gouvernements puissants est monnaie courante. Depuis la seconde guerre mondiale, les assassins ont souvent été des gouvernements démocratiques de style libéral. Il n’y a aucun endroit du monde qui a échappé à leur attention. Rien que dans les 11 dernières années, l’Irak et la Libye ont été, au Moyen-Orient, les victimes d’un politicide. Leurs gouvernements, leur système de valeurs et leurs leaders avaient peut-être grand besoin de changer, mais le changement n’est pas venu de leur peuple mais de gouvernements étrangers. Maintenant c’est la Syrie qui retient leur attention. Comme en Irak et en Libye, la justification brandie pour les massacres en Syrie des 20 derniers mois est "le dictateur" et "le régime". Mais en fait ce qu’ils veulent c’est le pays lui-même. Comme Saddam et Kadhafi, le "dictateur" sert de diversion au magicien pour que les spectateurs ne voient pas ce qu’il est réellement en train de faire.

 

Comme les gangs armés ne parviennent pas à renverser le gouvernement de Damas, il semble que la menace d’une intervention militaire se précise. Les Etats-Unis, l’Allemagne et la Hollande ont fourni à la Turquie six batteries de missiles Patriotes qui doivent être installés à la frontière avec la Syrie. Environ 2000 soldats étrangers vont être envoyés en Turquie pour opérer et protéger les batteries de missiles et assister un nombre inconnu de soldats turcs. Les Patriotes seront situés dans trois provinces du sud-est qui sont majoritairement sunnites, les provinces de Gaziantep, Adana et Kahramanmaras. Pour de raisons de sécurité, elles ne seront pas placées dans la province de Hatay, où plus de la moitié de la population est Alevi (Alawi), et profondément opposée à l’intervention de la Turquie en Syrie ni dans celle de Diyarbakir qui est majoritairement Kurde et hostile au gouvernement pour d’autres raisons.

 

Le jour qui a suivi la fourniture par l’OTAN de missiles Patriotes à la Turquie, la Russie a répondu en envoyant des missiles Iskander à l’armée syrienne. Ces armes hypersoniques volent à plus de 2 km seconde et les experts en armement affirment qu’elles sont plus performantes que les Patriotes. Pour donner de la consistance au spectre de la Turquie menacée par la Syrie,

La Haye : Les deux derniers clous dans le cercueil de la justice internationale ?

 Georges Berghezan

Global Research

michelcollon.info

 

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En l’espace de moins de quinze jours, le Tribunal de La Haye, jugeant les crimes commis pendant les guerres d’ex-Yougoslavie, a fait preuve d’une clémence inhabituelle en acquittant cinq prévenus. Point commun : ils étaient tous accusés d’avoir commis des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité à l’encontre de civils serbes.

 

Le premier verdict, ayant acquitté le 16 novembre les généraux croates Ante Gotovina et Mladen Markač, a résulté d’un procès en appel, les deux accusés ayant été condamnés, en première instance, à – respectivement – 24 et 18 ans de prison. Gotovina, ancien de la légion étrangère, disposant de la nationalité française, avait dirigé l’Opération Tempête. En août 1995, celle-ci avait permis à la Croatie de reprendre le contrôle d’environ un quart de son territoire, la Krajina serbe, où la population avait pris les armes et fait sécession après que la république croate se soit elle-même séparée de la fédération yougoslave. Parfois qualifiée de plus grand nettoyage ethnique en Europe après la Seconde guerre mondiale, cette opération avait provoqué l’exode de quelque 220 000 Serbes et la mort de près de 2 000, en majorité des civils. La plupart des exilés ne sont jamais revenus en Croatie, où la proportion de Serbes est actuellement d’environ d’un quart de ce qu’elle était avant la guerre.

 

Plus de « responsabilité de commandement » pour les généraux croates

 

Contrairement à ce qu’il avait jugé en première instance, le Tribunal a estimé que les deux généraux n’étaient pas responsables de ces crimes – dont il n’a pas nié la réalité – car n’étant pas leurs auteurs directs. Cependant, ce Tribunal défendait jusqu’à présent le principe de « responsabilité de commandement », qui a permis la condamnation à de lourdes peines de plusieurs dizaines de dirigeants politiques et militaires serbes,

mardi 25 décembre 2012

La désinformation médiatique concernant la tuerie à l’école de Newtown au Connecticut

Je sais depuis longtemps que l’information américaine est motivée par un agenda. Ce soir (18 décembre), je me suis rendu compte à quel point l’information américaine, motivée par un agenda, motive l’information du reste du monde.

Dr. Paul Craig Roberts

 

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Pour des raisons que j’ignore, la chaîne de télévision de Moscou, Russia Today (RT) m’a demandé une interview en direct via Skype à propos de la tuerie de masse, s’étant déroulée dans une école de Newtown dans le Connecticut, tuerie qui coûta la vie à 20 enfants et plusieurs adultes. J’étais intéressé de savoir quel était l’intérêt de Moscou sur la fusillade et j’acceptais l’interview.

 

Je fus surpris de me rendre compte que RT Moscou était intéressé par la version officielle américaine sur la tuerie et me demanda si je pensais que le résultat de tout cela serait une interdiction des “armes d’assaut” aux Etats-Unis.

 

Beaucoup de choses peuvent être une arme d’assaut: une batte de base-ball, un couteau, un poing, un pied, une carabine 22 LR, un fusil de chasse à deux coups, un tisonnier, un révolver six-coups, une brique, un sabre, un arc et des flèches, une lance. Tout le monde peut rajouter ce qu’il veut à cette courte liste.

 

Les partisans du contrôle des armes à feu ont défini une “arme d’assaut” comme étant la version civile semi-automatique d’armes militaires comme l’AR-15, les versions civiles des M-16 ou des AK-47. Pendant la présidence de Clinton, la version civile de ces différentes armes n’étaient pas autorisées d’avoir des caractéristiques sans dangers, car ces caractéristiques faisaient qu’elles ressemblaient trop aux armes de guerre ; de plus les armes étaient restreintes à n’avoir que des chargeurs ne pouvant contenir que dix cartouches maximum.

 

Aujourd’hui, des chargeurs de 20 ou 30 cartouches sont sur le marché. Pour un professionnel,

les photos de l'année du Time Magazine

Richard Silverstein

 

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Bernat Armangue. Gaza City. Nov. 18, 2012.

 

Time Magazine a sélectionnée les plus belles photos de l'année 2012 et la première est une photo prise pendant la guerre israélienne contre Gaza le mois dernier, qui représente un survivant du massacre de la famille Dalou en train d'embrasser tendrement la main d'un membre de sa famille mort. Le photographe a joint ce texte à la photo:

 

"Couvrir un conflit n'est jamais une chose agréable mais depuis que je suis devenu papa l'année dernière, je trouve cela encore plus difficile. Ce jour-là a été particulièrement douloureux; 11 membres de la famille Dalou ont été tués par un missile israélien qui a frappé la maison de deux étages de la famille dans la ville de Gaza et j'ai passé la plus grande partie de la journée à prendre des photos des corps à mesure qu'on les dégageait des gravats. Cette photo, je l'ai prise à la fin de la journée. La morgue était pleine de monde et il y avait beaucoup de bruit. Derrière moi quelques journalistes filmaient et photographiaient quatre enfants morts de la famille Dalou. Devant moi, un groupe d'hommes qui venaient de faire irruption dans la pièce, vivait la cruelle expérience de découvrir le cadavre d'un aimé. Tout s'est passé très vite mais je me souviens d'avoir vu une larme tomber sur la main inerte et entendu un murmure “ma’a salama” (au revoir en Arabique). J'ai aussi pensé que la guerre révélait le pire et le meilleur de chaque être humain. Pour moi, ce fut un triste et tendre instant d'amour.

Dangereuse escalade militaire : Confrontation Russie-États-Unis en Syrie?

 Prof Michel Chossudovsky

 

Global Research

 

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Le 14 décembre le secrétaire à la Défense Leon Panetta a signé un décret autorisant l’envoi de 400 troupes opératrices de missiles en Turquie. Selon Washington, la sécurité de la Turquie, le poids lourd de l’OTAN, est menacée. Du personnel militaire étasunien sera déployé en Turquie dans les prochaines semaines afin de manœuvrer deux batteries de missiles étasuniennes Patriot.

 

Selon le porte-parole du Pentagone, George Little :

« Les États-Unis ont aidé la Turquie à se défendre [contre la Syrie].

 

Je ne pourrai pas être précis pour l’instant, a-t-il ajouté, mais je voulais vous aviser […] que nous avons signé ce décret et que nous sommes prêts à appuyer la défense de la Turquie sous les auspices de l’OTAN pour une période indéterminée.

 

Le but de ce déploiement est de signaler clairement que les États-Unis, en collaborant étroitement avec nos alliés de l’OTAN, défendront la Turquie, surtout en raison des menaces potentielles émanant de la Syrie. » (US Air Force News, 14 décembre 2012.)

 

Les intercepteurs sol-air Patriot sont déployés pour faire face « aux menaces provenant de la Syrie ». D’après le secrétaire à la Défense des États-Unis Leon Panetta, ces menaces « comprennent des frappes syriennes en Turquie et les combats entre le gouvernement et les rebelles s’étendant sur le territoire turc (CNN, 14 décembre 2012) :

« On ne peut pas perdre trop de temps à se demander si ça emmerde  [pisses off] la Syrie » a déclaré Panetta après avoir signé le décret vendredi. (Ibid., c’est l’auteur qui souligne)

En plus du déploiement de missiles étasuniens, l’Allemagne et les Pays-Bas ont confirmé qu’ils déploieront également des missiles Patriot en Turquie visant la Syrie.

 

La déclaration officielle du Pentagone ne mentionne pas que cette accumulation de batteries de missiles Patriot ne cible pas uniquement la Syrie, elle vise aussi à confronter la présence militaire russe en Syrie et son appui au développement du système de défense aérien syrien.

 

L’insurrection menée par les États-Unis et l’OTAN

 

L’initiative du Pentagone en Turquie fait partie de l’insurrection menée par les États-Unis, l’OTAN et Israël contre la Syrie.

Algérie : Au-delà du devoir d’inventaire, la nécessaire réconciliation

 Chems Eddine Chitour

Global Research 

 

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«La colonisation a été un système inéquitable et oppresseur. La guerre d’Algérie a produit, comme toute guerre, des tragédies humaines. Dire cette vérité, n’est pas rajouter du malheur à la douleur, c’est accomplir notre devoir à l’égard de toutes les victimes de cette période»

François Hollande juillet 2006

 

«C’est aux historiens et aux chercheurs des deux pays d’entamer un véritable travail commun de lecture de cette Histoire dense et riche, marquée par des hauts et des bas qui témoignent de l’intensité de nos relations. Mais d’un point de vue politique et stratégique, je ne peux que réaffirmer l’obligation pour l’Algérie et la France de travailler ensemble tant leurs interdépendances sont nombreuses. Nous avons une responsabilité devant nos peuples.»

Abdelaziz Bouteflika décembre 2012

 

Le président français François Hollande nous rend visite. Qu’il soit le bienvenu dans cette Algérie avec laquelle, dit-on, il a une réelle empathie. Pour la clarté des choses, nous allons en honnête courtier situer le contexte, le bien-fondé et les attendus de cette visite, dont une fois de plus, les Algériens attendent beaucoup. Cinquante ans de relations tumultueuses, le fossé est toujours aussi béant, faut-il comme l’a suggéré Bernard Kouchner, attendre  une éclaircie dans les relations algéro-françaises avec le départ darwinien de la génération de Novembre ?. Est-ce l’Africain qu’est l’Algérien est enfin sorti de l’histoire? Cette phrase a fait beaucoup de dégâts dans l’imaginaire algérien au même titre que ce tremblement de terre qui eut lieu un matin de 1830 et dont les répliques se font encore sentir.

 

Les Algériens n’ont pas jailli du néant. L’apport de l’Islam

 

S’agit-il d’une visite à caractère économique? La frustration serait grande! En fait, pour la France, l’Algérie doit demeurer ad vitam aeternam un marché à l’instar des paléo-relations métropole-province. Le monde a profondément changé mais le fond rocheux des relations algéro-françaises est resté celui d’un 5 juillet 1962 date à laquelle l’Algérie et la France se sont séparées dans la douleur.

"Les crimes commis par la France pour réprimer la Révolution algérienne ne sont qu’une partie de l’ensemble des crimes commis durant la période coloniale"

 Youssef Girard

 

Interviewé par Zahia Mancer pour le journal algérien al-Fadjr, Youssef Girard revient sur le "bras d'honneur" de Gérard Longuet et sa symbolique, et analyse la visite de François Hollande en Algérie, prévue le 19 décembre 2012.

 

1- Comment commentez-vous le comportement de l'ancien ministre de la Défense français sur la chaine Public Sénat ?

 

Youssef Girard : L’ancien ministre de la Défense, Gérard Longuet, est un personnage politique qui a un lourd passé politique. Il a commencé sa carrière politique au sein de l’extrême-droite française dans les années 1960. Après avoir été un militant au sein du mouvement Occident, il rédigea le premier programme du Front national de Jean-Marie Le Pen en 1972. A la suite de cela, il quitta l’extrême-droite pour intégrer la droite « classique » mais ses multiples prises de position montrent qu’il est loin d’avoir rompu avec ses idées de jeunesse.

 

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Ahmed Zabana, indépendantiste algérien ayant participé au déclenchement de la guerre de libération du 1er novembre 1954 dans la région d'Oran, est le premier indépendantiste algérien guillotiné, le 19 juin 1956, dans la prison de Barberousse à Alger, sur ordre de François Mitterrand, alors ministre de l'Intérieur.

 

La vulgarité et la bassesse de son geste se passe de tout commentaire. En revanche, le fait que le geste insultant d’un ancien ministre suscite si peu de réprobations est révélateur des positions majoritaires au sein des classes dirigeantes françaises au sujet de l’Algérie. En France, un ancien ministre peut insulter le peuple algérien et son histoire sans que cela ait la moindre incidence sur sa carrière. A mon avis, le fond du problème réside là.

 

2- Pensez-vous que la demande d’excuses de l'Algérie à la France pour les crimes de guerre n'a aucun sens maintenant ?

 

Tout d’abord, je parlerai de crimes contre l’humanité et non uniquement de crimes de guerre.

 

Pour revenir à votre question, de simples excuses me semblent très insuffisantes. Si nous voulons que justice soit rendue aux victimes, il faudrait juger les responsables de ces crimes contre l’humanité encore en vie et dédommager, autant que faire se peut, les victimes. Dans le contexte français actuel, cela semble totalement inimaginable.

 

Au-delà de ces crimes,

« Ni repentance ni excuses » ou l’art consommé du négationnisme

Youssef Girard

 

Le Président français avait d’emblée annoncé l’orientation qu’il souhaitait donner à sa visite en Algérie : « Je ne viens pas ici pour faire repentance ni excuses ». Il s’agissait donc pour François Hollande de se rendre en Algérie pour redéployer la vieille idéologie putride de la gauche coloniale française qui hier soutenait les crimes de masse contre le peuple algérien et qui aujourd’hui se complet dans le négationnisme.

 

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Quelque part dans les Aurès

 

Ce négationnisme de gauche adapte son discours, met les formes et joue sur les mots mais sur le fond, il s’agit toujours de la négation la plus absolue de la responsabilité des crimes commis par la France pendant cent trente-deux ans (1830-1962) en Algérie. Cette négation, F. Hollande la prononce au nom d’une prétention à la « vérité » historique face à un peuple ayant vécu cette histoire dans sa chair. Il faut être profondément imbu de sa supériorité d'occidental pour se croire autorisé à donner des leçons d’histoire à un peuple ayant vécu ce passé. François Hollande n’est manifestement pas sorti de l’ère coloniale où les occidentaux « civilisés » avaient la « mission » d’enseigner leurs lumineuses « vérités » à la sous-humanité des colonisés.

 

En plus de cet étalage de suprémacisme occidental, F. Hollande fait dans le détournement de responsabilités. Il reconnaît « les souffrances que la colonisation a infligées au peuple algérien » et il critique une colonisation « profondément injuste et brutale ». « Colonisation » mais qu’en est-il de la responsabilité de la France ? Qu’en est-il de la responsabilité de la République dont on nous vante perpétuellement les nobles « valeurs » ? Qu’en est-il des trois dernières Républiques françaises qui ont été inaugurées par des crimes de masse en Algérie (1) ?

mardi 18 décembre 2012

Ces banques au-dessus des lois

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Dans le récent scandale impliquant les activités criminelles des grandes banques, le Département de la Justice américain a annoncé mardi 11 décembre avoir conclu un arrangement s’élevant à 1,9 milliards de dollars (1,5 milliards d’euros) avec la banque HSBC basée en Grande-Bretagne et accusée de blanchiment d’argent sale à une vaste échelle pour les cartels de la drogue mexicains et colombiens.

 

L’accord a été spécialement conçu pour éviter des poursuites criminelles soit à la banque, la plus grande d’Europe et la troisième du monde, soit à ses hauts dirigeants. Alors même que la banque a reconnu avoir blanchi des milliards de dollars pour les barons de la drogue, ainsi que d’avoir violé les sanctions financières américaines imposées à l’Iran, à la Libye, à Burma et à Cuba, le gouvernement Obama a empêché une condamnation au moyen d’un « accord de poursuite différée. »

 

L’accord s’inscrit dans la politique du gouvernement américain de protéger les banquiers au sommet de la hiérarchie de toute responsabilité pour des activités illégales qui ont entraîné l’effondrement du système financier en 2008 et introduit une récession mondiale. Pas un seul directeur de grande banque n’a été poursuivi et encore moins emprisonné pour les activités frauduleuses qui ont provoqué la crise actuelle et résulté dans la destruction de millions d’emplois et la destruction des conditions de vie de la classe ouvrière aux Etats-Unis et de par le monde.

 

Grâce à la protection de l’Etat, la frénésie spéculative et l’escroquerie se poursuivent de manière inchangée, garantissant des profits record aux banques et des rémunérations toujours plus grandes, à sept chiffres, pour les banquiers.

 

Dans un article paru à la Une, le New York Times donne un aperçu des discussions internes au gouvernement Obama et qui ont entraîné la décision de ne pas porter d’accusations contre HSBC. Le Times a rapporté que les procureurs du Département de la Justice et les services du procureur de district de New York ont recommandé un compromis par lequel la banque serait poursuivie non pas pour le blanchiment d’argent mais pour des accusations moins graves de violation du secret bancaire.

 

Et, même ceci,

Syrie : Quelles sont les véritables intentions des États-Unis ?

Dr Amin Hoteit

 

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Tout observateur qui s’intéresserait au comportement des États-Unis, pour en déduire leurs véritables intentions à l’égard de la Syrie, se heurterait à une série d’indications contradictoires. En effet :

 

I. D’un côté, ils poussent à la poursuite des opérations terroristes tout en empêchant le dialogue avec les autorités légitimes du pays dont ils voudraient changer radicalement les personnalités et les orientations politiques. C’est pourquoi, ils ont travaillé à :

 

   1. Remplacer à la hâte le « Conseil d’Istanbul » [ou CNS] par une prétendue « Coalition de l’opposition syrienne », concoctée par Washington et clairement dominée par les Frères Musulmans à tous ses échelons.

 

   2. Officialiser cette Coalition créée de novo comme représentante légitime du peuple syrien en œuvrant à sa reconnaissance par les pays alliés ; ce qui est désormais chose faite, suite à la réunion des « Ennemis de la Syrie » à Marrakech.

 

   3. Former un « Haut conseil militaire » pour garder une mainmise sur les opérations déstabilisatrices en faisant, là aussi, pencher la balance du côté des Frères Musulmans par l’exclusion de deux catégories de combattants irréguliers : la première désignée comme « terroristes de la mouvance d’Al-Qaïda », la seconde constituée de « ceux qui se méfient des Frères musulmans et refusent l’idée de leur domination sur la Syrie ».

 

   4. Revenir sur leur décision publique de ne pas armer les groupes d’opposants pour s’engager, tout aussi publiquement, à les financer et à les armer directement à partir des USA et de l’Europe.

 

   5. Multiplier les rencontres des soi-disant « Amis du peuple syrien», le fameux forum politique rassemblant tous ceux qui ont consenti à marcher avec les USA pour démolir la Syrie indépendante et y installer un gouvernement aux bottes de l’Occident, lui-même inféodé aux USA.

 

   6. Faire déployer les missiles Patriot à la frontière syrienne,

Ce qui est en jeu avec la vie de Hugo Chávez

De Guillermo Almeyra

Global Research

elcorreo.eu.org

 

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Par chance, l’opération s’est bien passée, mais je ne voudrais pas être à la place des médecins cubains, qui ont assumé la responsabilité historique de lutter avec leur science et leur volonté, pour tenter de sauver la vie de Hugo Chavez. Parce que d’eux dépend non seulement la vie d’un homme qui, à sa manière et avec ses limites, lutte vaillamment et inlassablement aux côtés de son peuple et pour son peuple, afin d’assurer l’indépendance du Venezuela et l’unité latino-américaine face à l’impérialisme, pour l’élimination de la pauvreté et de l’injustice dans son pays et sur le continent, et pour l’auto-organisation des opprimés. Mais aussi,  parce que de ces médecins dépendent indirectement à court terme, l’économie cubaine, la construction du Mercosur et de l’Unasur, la lutte des classes au Venezuela ainsi que les luttes entre les secteurs et les forces qui , dans le pays, retardent et bloquent le processus de construction du pouvoir populaire et ceux qui, au contraire, essaient de l’ impulser en combattant la bureaucratie et le paternalisme.

 

Si, avec sa force et son amour de la vie, Chavez entamait sa convalescence,  de toute façon, il pourrait difficilement retrouver ses fonctions le 10 janvier, comme l’exige la Constitution qui octroie un délai de 90 jours, renouvelables, c’est-à-dire six mois pour sa substitution par le vice-président. De plus, ce dimanche auront lieu  les élections législatives et régionales qui détermineront la composition du Pouvoir législatif et des pouvoirs locaux. Même dans le cas favorable où y  triomphe  le chavisme et qu’il  obtienne une confortable majorité parlementaire et le contrôle des principales régions, si une majorité vote, comme on s’y attend,  pour les candidats de Chavez pour assurer la stabilité politique et économique, de toute façon la pression de la droite et de l’impérialisme  en faveur de nouvelles élections présidentielles va s’accroitre. Et les tensions internes et interinstitutionnelles vont augmenter  y compris au sein du  gouvernement et au sein du  chavisme à propos  de quelle politique  suivre, si c’est une forme conciliatrice avec l’opposition et Washington ou une autre  forme d’opposition frontale.

 

La Venezuela par conséquent, entrera dans une période compliquée puisque Nicolas Maduro n’a pas le charisme du président, et de plus affrontera  toute sorte de sabotage économique, de pression médiatique, du putschisme ouvert ou caché même si Chavez au cours des six mois occupait  de nouveau  sa place , et aussi s’il ne pouvait pas le faire ou, pire encore, s’il ne pouvait  surmonter les conséquences postopératoires.

 

Chavez et le chavisme s’expliquent par le rejet du peuple vénézuélien des vieux partis liés à l’oligarchie et à l’impérialisme.

Dans les rues de Damas

Franklin Lamb

 

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"Pour qui cette horrible femme se prend-elle?" s'est exclamé "Viktor", un membre du personnel du service médiatique de l'Ambassade de Russie à Damas, un complexe massif et sans fenêtres, de style soviétique, protégé par de grands murs.  

 

Notre charmant hôte, un Sheik Membre du Parlement syrien qui le connaissait, avait invité Viktor à nous rejoindre à la table que nous occupions dans le restaurant "la Dame de Damas" (“sitt a cham”) situé dans le quartier Shalam, où vit la classe moyenne. Ce gentleman, après avoir commenté sans mâcher ses mots, une nouvelle sans doute contrariante, reposa son téléphone portable d'un air furieux. Ce qui avait mis en colère Viktor, c'était les récentes déclarations de la porte-parole de la Secrétaire d'Etat étasunienne, Victoria Nuland, et notamment ses déclarations blessantes et condescendantes contre la Russie, l'alliée de la Syrie, en interprétant de travers, selon Viktor, les paroles récentes de l'envoyé russe au Moyen-Orient, Mikhail Bodganov. Le 13/12/12, Bodganov, avait répondu à une question en ces termes: " Il faut regarder les choses en face... Malheureusement, rien ne dit que l'opposition syrienne ne gagnera pas." Bodganov avait aussi noté que le gouvernement syrien "perdait le contrôle de toujours plus de territoire."

 

Viktor nous a expliqué que ce qui avait exaspéré les Russes et ses collègues de l'Ambassade ici, c'était les paroles arrogantes de Nuland, une personne connue pour ses positions pro-sionistes, anti-syriennes, anti-russes, anti-arabes et anti-musulmanes :"Nous félicitons le gouvernement russe de s'être enfin rendu à l'évidence et d'avoir admis que les jours du régime sont comptés."

 

Viktor a ajouté: "Bodganov n'a rien dit de nouveau. Et nous allons clarifier les choses rapidement. Tout le monde sait que théoriquement, les rebelles soutenus par l'étranger peuvent gagner. Ca n'a rien de neuf et c'est toujours le cas dans un soulèvement. Mais Madame Nuland sait certainement que le gouvernement syrien a été obligé de se retirer de certains espaces ruraux où il n'y pas quasiment pas d'habitants, pour concentrer ses forces autour des endroits peuplés et protéger la population. C'est, de tous temps, la base de la stratégie militaire. En Anglais, cela s'appelle si je ne me trompe "retraite stratégique" ou "redéploiement stratégique". C'est très mal de la part des médias du Golfe et occidentaux de se servir des déclarations de nos envoyés au Moyen-Orient, pour mener une guerre psychologique à base de mensonges. Nous avons bien évidemment des plans d'urgence pour évacuer nos citoyens si nécessaire. C'est tout à fait normal et nous avons, comme les autres pays, des plans pour évacuer l'Afghanistan, l'Irak, le Liban, les pays du Golfe et la Palestine entre autres. Le soutien de la Russie à la Syrie n'a pas diminué et penser que c'est le cas est une erreur d'interprétation de plus de la part de Washington."

 

Et de fait, quelques heures plus tard, le porte-parole du ministre des Affaires Etrangères, Alexander Lukashevich, un ami de Viktor, a fait une déclaration: "Nous aimerions porter à la connaissance du public, que Bodganov n'a fait aucune déclaration, ni donné d'interview à des journalistes dernièrement. Nous confirmons la position de principe de la Russie sur le fait que la seule solution à la crise en Syrie est une solution politique."

 

Après avoir dit ce qu'ils pensaient de Nuland,

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